L’emploi dans un climat qui change Résultats principaux des Rapports Nationaux sur le Climat et le Développement du Groupe de la Banque Mondiale couvrant 93 économies Les rapports nationaux sur le climat et le développement (CCDR) de la Banque Mondiale offrent un regard transversal sur la manière dont le développement des pays – et les opportunités d’emploi qu’ils offrent à leurs populations – peuvent être menacées par le changement climatique ou soutenues par les politiques climatiques. Chaque CCDR part des priorités de développement du pays, et est élaboré en étroite consultation avec les gouvernements, les entreprises et la société civile, garantissant que les recommandations reflètent les priorités nationales. Les CCDR publiés à ce jour couvrent 93 économies, représentant 64 % de la population et 77 % du produit intérieur brut (PIB) des pays à revenu faible ou intermédiaire. Les CCDR ont été téléchargés plus de 836 000 fois et discutés dans plus de 12 500 articles de presse, dont 56% font explicitement référence aux conclusions relatives à l’emploi. Ce quatrième rapport de synthèse met à jour et élargit les analyses présentées dans les résumés précédents et propose une analyse approfondie des conclusions relatives à l’emploi. Ses principales conclusions sont les suivantes. Un développement plus résilient est un bon investissement L’investissement dans l’adaptation et la résilience est une opportunité d’accélérer le développement économique et la réduction de la pauvreté. Avec les politiques actuelles, le changement climatique représente une menace macroéconomique avec des coûts croissants et inégaux : d’ici 2050, les pays pourraient subir des pertes de PIB allant de 1 à 20 %, les pays les plus pauvres et les plus chauds étant les plus touchés. Bien que l’adaptation ne puisse pas compenser tous les risques, elle offre des rendements élevés, réduisant les pertes de PIB projetées en moyenne de 4 points de pourcentage et, dans certains cas, divisant par plus de deux les impacts climatiques. Bénéfices économiques des interventions d’adaptation recommandées dans les CCDR, d’ici à 2050 Revenu élevé +0.7 Revenu intermédiaire +2.5 supérieur Revenu intermédiaire +3.0 inférieur Faible revenue +5.0 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 Pourcentage de changement médian du PIB réel par rapport à la référence de 2050 Les avantages d’un développement à faibles émissions vont au-delà des impacts climatiques de long terme qui peuvent être évités, et inclut des avantages économiques de court terme. En encourageant les investissements dans des technologies plus propres et plus efficaces, le développement à faibles émissions a des impacts neutres ou même positifs sur le PIB dans la plupart des pays. La nature représente un atout économique fondamental : la déforestation coûte 379 milliards de dollars par an au PIB agricole mondial, tandis que les solutions basées sur la nature comme la restauration des mangroves génèrent des ratios bénéfices-coûts de 4 à 5. Un développement résilient et à faibles émissions nécessite des investissements accrus, qui devra venir des secteurs public et privé. Dans 80 % des pays couverts par les CCDR, les investissements annuels doivent augmenter de 0,7 à 7,1 % du PIB, environ la moitié provenant du secteur privé. Cela nécessite des changements politiques importants, une mobilisation des ressources nationales, des partenariats public-privé et de nouveaux instruments financiers – tels que des garanties et des stratégies intégrées de financement et d’assurance contre les risques de catastrophe. 1 L’emploi dans un climat qui change Le développement et l’atteinte des objectifs climatiques demandent la même chose: une main-d’œuvre et des emplois capables de s’adapter au changement Les impacts du changement climatique et l’adaptation devraient avoir des répercussions majeures sur l’emploi. En utilisant l’indicateur pour l’emploi proposé par le Groupe de la Banque Mondiale dans 49 pays, les CCDR estiment que les impacts futurs du changement climatique équivaudraient à la perte de 43 millions d’emplois d’ici 2050. Les interventions d’adaptation identifiées dans les CCDR pourraient réduire ces pertes, créant ou protégeant l’équivalent de 25 millions d’emplois dans ces mêmes 49 pays d’ici 2050. Une simple extrapolation suggère que les impacts climatiques capturés dans les CCDR pourraient entraîner la perte de l’équivalent de 260 millions d’emplois d’ici 2050 dans l’ensemble des pays à revenus faible ou intermédiaire, avec le potentiel de créer ou de protéger l’équivalent de 149 millions d’emplois grâce à des actions d’adaptation. Impact moyen d’un scénario climatique pessimiste sur le revenu du travail d’ici 2050, avec et sans interventions d’adaptation recommandées dans les CCDR Revenu élevé +0.7 Revenu intermédiaire supérieur +4.7 Revenu intermédiaire +3.2 inférieur Faible revenue +5.2 dans l'ensemble +4.2 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 Pourcentage de changement du revenu du travail En revanche, les trajectoires de développement à faibles émissions montrent des effets agrégés modestes sur l’emploi, avec des changements inférieurs à 2 % dans la plupart des pays d’ici 2030. Cependant, ces chiffres agrégés sont incertains, masquent des effets positifs et négatifs beaucoup plus importants aux niveaux régional ou sectoriel, et dépendent du contexte national et de la conception des politiques, y compris des politiques complémentaires mis en œuvre pour soutenir le marché de l’emploi. Impacts estimés d’une trajectoire de développement à faibles émissions sur le revenu du travail d’ici 2030, en l’absence de politiques complémentaires Faible revenue Revenu intermédiaire inférieur Revenu intermédiaire supérieur Revenu élevé -3 -2 -1 0 1 2 3 Pourcentage de changement du revenu du travail Des politiques complémentaires peuvent améliorer la situation en matière d’emploi, en facilitant la création d’emplois dans le secteur privé, en soutenant la réaffectation des travailleurs (par exemple, par des actions de formation, ou la réduction des coûts de relocalisation) et en protégeant les plus vulnérables. Ces politiques apportent des bénéfices plus larges pour le développement et la croissance en facilitant l’adaptation aux autres transitions, liées aux changements technologiques, économiques ou démographiques. Ce rapport de synthèse des CCDR démontre que l’intégration des stratégies climatiques et de développement est essentielle, non seulement pour gérer les risques créés par le changement climatique, mais aussi pour débloquer de nouvelles opportunités de création d’emplois, de réduction de la pauvreté et de développement. 2 L’emploi dans un climat qui change