Niger NOTE SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE Chapitre spécial Renforcer le système agroalimentaire Avril 2025 1 2025 Banque internationale pour la reconstruction et le développement / Banque mondiale 1818 H Street NW Washington DC 20433 Téléphone : 202-473-1000 Internet : www.worldbank.org Ce travail est le fruit du travail du personnel de la Banque mondiale et de contributions externes. Les résultats, interprétations et conclusions exprimés dans ce travail ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque mondiale, de son Conseil d’administration ou des gouvernements qu’ils représentent. 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Studio Nane 2 TABLE DES MATIÈRES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES 6 REMERCIEMENTS 7 RÉSUMÉ 8 1 . ÉVOLUTION DE L’ÉCONOMIE, DE LA PAUVRETÉ ET PERSPECTIVES 11 1.1 Développements récents en matière d’économie et de pauvreté 12 1.2 Coup de projecteur : L’impact des sanctions sur les entreprises et les ménages 20 1.3 Perspectives économiques et de pauvreté 25 2 . RENFORCER LE SYSTÈME AGROALIMENTAIRE 29 2.1 Contexte et vue d’ensemble 29 2.2 Principaux défis 33 2.3 Opportunités 36 2.4 Priorités réalisables 39 3 . ANNEXES 42 3.1 Indicateurs économiques, budgétaires et de pauvreté 42 3.2 Analyse du budget 2025 43 4 . RÉFÉRENCES 46 3 ENCADRÉS, FIGURES ET TABLEAUX Encadré 1.1 Mesures gouvernementales pour alléger le coût de la vie 14 Encadré 1.2 L’impact des sanctions économiques et des mesures gouvernementales sur le 27 commerce des denrées alimentaires et la sécurité alimentaire Encadré 2.1 Actions de réforme potentielles dans les secteurs de la production primaire 40 Figure 1.1 L’agriculture reste le principal secteur contribuant à la croissance en 2024 12 Figure 1.2 Les exportations de pétrole à grande échelle ont stimulé la croissance du côté de 12 la demande Figure 1.3 L’inflation globale a bondi en 2024, dépassant largement la moyenne de l’UEMOA 13 Figure 1.4 Au Niger, ce sont principalement les prix des denrées alimentaires qui ont alimenté 13 l’inflation globale Figure 1.5 Les offres d’emploi ont diminué de 60 %, ce qui reflète les difficultés rencontrées 15 par le secteur privé Figure 1.6 La part des emplois dans les industries extractives a augmenté avec l’expansion du 15 secteur pétrolier Figure 1.7 La baisse des recettes a entraîné une réduction des dépenses en capital en 2024 17 Figure 1.8 Le ratio du service de la dette sur les recettes a bondi en 2024 pour atteindre 34,2 % 17 Figure 1.9 Dans un contexte d’augmentation des émissions de dette en 2024, les rendements 17 moyens ont augmenté Figure 1.10 Le Niger paie plus sur sa dette que presque tous les autres pays de l’UEMOA 17 Figure 1.11 Le ratio des prêts non performants a atteint 24 % à la fin du mois de septembre 18 2024 Figure 1.12 Le ratio de solvabilité moyen au Niger a chuté de 20,5 % à 9,8 % 18 Figure 1.13 L’extrême pauvreté a diminué avec l’augmentation du PIB par habitant 19 Figure 1.14 La plupart des entreprises interrogées sont classées dans la catégorie des 20 entreprises commerciales Figure 1.15 La majorité des entreprises formelles ont été touchées par les sanctions, les 20 entreprises informelles moins Figure 1.16 Les trois quarts des entreprises signalent des fluctuations croissantes pendant les 21 sanctions Figure 1.17 Plus de 40 % des entreprises signalent une baisse des ventes de plus de 50 % 21 pendant les sanctions Figure 1.18 Dans les entreprises formelles et informelles, l’emploi a diminué, en particulier pour 22 les emplois à temps partiel Figure 1.19 L’emploi de plus de la moitié des entreprises a été significativement affecté 22 Figure 1.20 Les sanctions ont entraîné une réduction des activités des chefs de famille, en 23 particulier des personnes âgées, vivant dans des zones urbaines, ayant une famille nombreuse et travaillant dans le commerce Figure 1.21 A Niamey, ce sont surtout les petits ménages travaillant dans les services 24 personnels qui sont exposés à diverses difficultés, les dépenses liées à la scolarité ayant été les plus touchées Figure 1.22 Le revenu des ménages a diminué pour les trois quarts des ménages dans les zones 25 urbaines et rurales et pour toutes les professions Figure 1.23 Situation de l’insécurité alimentaire : estimations (oct.-déc. 2024) et projections 28 (juin-août 2025) 4 ENCADRÉS, FIGURES ET TABLEAUX Figure 2.1 Le secteur agricole contribue pour environ 40 % au PIB 30 Figure 2.2 La croissance du PIB réel par habitant est fortement corrélée à la production 30 agricole Figure 2.3 Les principales zones de subsistance du Niger sont l’(agro)pastoralisme et une 31 ceinture de céréales pluviales Figure 2.4 Les terres cultivées du Niger sont concentrées dans le sud du pays et sont en 31 grande partie cultivées sous la pluie Figure 2.5 Un ensemble de cinq questions clés décrit le mieux les défis à relever pour une 33 croissance agricole durable au Niger Figure 2.6 Alors que la plupart des cultures ont au mieux progressé lentement, les rendements 34 du riz ont fortement augmenté depuis 2000 Figure 2.7 Les rendements céréaliers moyens au Niger sont inférieurs à ceux de tous les pays 34 pairs ainsi qu’à la moyenne régionale Figure 2.8 Les chocs climatiques majeurs ont eu un impact significatif sur les rendements 35 des céréales et des cultures au cours des deux dernières Figure 2.9 Le développement de l’agro-industrie, l’irrigation et les pratiques intelligentes en 36 matière de climat offrent des possibilités de stimuler la production Figure 2.10 L’établissement de priorités pour les mesures réalisables contribuera à stimuler le 39 secteur Figure A.1 En 2025, le déficit budgétaire devrait atteindre 3,8 % du PIB 44 Figure A.3 Le service de la dette est devenu plus important en 2024, atteignant 34,2 % des 44 recettes totales Figure A.4 Le service de la dette est devenu plus important en 2024, atteignant 2,9 % du PIB 44 Figure A.5 Le budget 2025 prévoit des dépenses totales de 16,1 % du PIB et des recettes de 45 12,3 % Figure A.6 La Banque mondiale prévoit des recettes totales de 10,5 % du PIB et des dépenses 45 de 14,3 % du PIB en 2025 Tableau E.1 Options politiques pour renforcer la viabilité macro-budgétaire et le système agro- 10 alimentaire Tableau A.1 Indicateurs économiques et budgétaires sélectionnés, Niger, 2022-2027 42 Tableau A.2 Les BAT et OAT arrivant à échéance en 2025 atteignent 702,1 milliards de FCFA 44 5 ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES ANPE Agence nationale pour la promotion de l’emploi AUE Associations d’usagers de l’eau BAT Bons du Trésor BCEAO Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest AIC Agriculture intelligente face au climat FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine FMI Fonds Monétaire International GRC Gestion des risques de catastrophes ha hectare GIFS Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols INS Institut national de la statistique OAT Obligations du Trésor PAGRA Plan d’action opérationnel de gestion des risques agricoles PAM Programme alimentaire mondial PCS Prélèvement communautaire de solidarité PDI Personnes déplacées à l’intérieur du pays PFPN Plate-forme paysanne du Niger PIB Produit Intérieur Brut PUA Prélèvement de l’Union africaine RECA Réseau des Chambres d’Agriculture RS Redevance statistique TAFI Taxe sur les activités financières TIPM Taxe foncière sur les personnes morales TP Taxe professionnelle TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée UEMOA Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine 6 REMERCIEMENTS La note sur la situation économique du Niger fait partie d’une série de rapports de la Banque mondiale publiée une fois par an, qui évalue les évolutions économiques et sociales récentes ainsi que les perspectives du Niger. Cette publication propose également une analyse approfondie d’une thématique de politique publique, en présentant les défis actuels et les perspectives. Elle s’adresse à un large public, y compris les décideurs politiques, les chefs d’entreprise, les acteurs des marchés financiers, ainsi que les analystes et professionnels intéressés par l’évolution de l’économie nigérienne. La Note sur la situation économique du Niger a été préparée par Mahama Samir Bandaogo, Danon Gnezale, Yele Maweki Batana, Mahaman Achirou Yahaya Arde et Chimene Diane Djapou Fouthe, avec des contributions de Daniel Pajank, et le soutien de Jala Emad Youssef et Yannik Strittmatter. Une équipe du Programme alimentaire mondial (PAM), composée de Ollo Sib, Mina Suzuki, Anna Law, Alioubadara Samaké, Brian Iander et Jean-Martin Bauer, a contribué à la rédaction d’un encadré sur la sécurité alimentaire. Le chapitre spécial consacré au système agroalimentaire a été rédigé par Mekbib Haile et Senakpon Aurelia Larissa Dakpogan et Jock Anderson sous la supervision générale de Adama Toure (Responsable de pôle pour l’agriculture et l’alimentation). L’équipe remercie les responsables de la revue — Yue Man Lee, Fulbert Tchana Tchana, Farouk Mollah Banna, Robert Utz et Md Mansur Ahmed — pour leurs conseils et commentaires. L’équipe remercie également Micky Ananth, Theresa Bampoe, Etsehiwot Berhanu et Dodo Oumarou Farouk Alhousseini Sidi pour leur appui administratif. Les relations extérieures et avec les médias sont gérées par Mouslim Sidi Mohamed. Le rapport a été élaboré sous la supervision générale de Clara De Sousa (directrice de division pour le Burkina Faso, le Tchad, le Mali et le Niger), Han Fraeters (directeur national pour le Niger) et Hans Anand Beck (responsable de pôle pour la politique économique) Pour en savoir plus sur la Banque mondiale et ses activités au Niger, veuillez consulter : https://www. worldbank.org/en/country/niger. 7 RÉSUMÉ ÉXÉCUTIF Cette note sur la situation économique du Niger de 2025 comporte deux chapitres. Le premier chapitre présente l’évolution de l’économie et de la pauvreté observée dans le pays en 2024 ainsi que les perspectives de 2025 à 20271. Le deuxième chapitre analyse le système agro-alimentaire du Niger et propose des recommandations pour sa transformation effective2. ÉVOLUTION DE L’ÉCONOMIE, DE LA (10,1 pour cent). En octobre 2024, 1,5 million de PAUVRETÉ ET PERSPECTIVES personnes (5,6 pour cent de la population) étaient confrontées à une insécurité alimentaire sévère La croissance du PIB a atteint 8,4 pour cent en en raison des conflits, des chocs climatiques 2024, grâce à l’augmentation de la production et des prix élevés des denrées alimentaires pétrolière et à une forte production agricole.* exacerbés par les perturbations du commerce. Le FMI estime la croissance du PIB en 2024 a 10.3 pourcent. Grâce à une bonne pluviométrie, Malgré la forte croissance économique, les le secteur agricole a connu une croissance activités du secteur bancaire et du secteur de 11,1 pour cent. La production industrielle a privé ont été confrontées à des défis augmenté de 12,1 pour cent, grâce au démarrage importants. Entre juin 2023 et août 2024, le ratio de la production pétrolière à grande échelle. Les de solvabilité moyen dans le système bancaire exportations de pétrole ont également été le a chuté de 20,5 pour cent à 9,8 pour cent, en principal moteur de la croissance du côté de la dessous du minimum requis de 11,5 pour cent demande, suivies par la consommation privée par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de (+3,1 pour cent). La consommation publique l’Ouest (BCEAO). La diminution des dépôts a s’est contractée de 0,3 pour cent en raison contribué à une baisse de 62 pour cent des actifs de la baisse des recettes. Pendant ce temps, liquides des banques en septembre 2024 par l’investissement privé a continué à diminuer en rapport à juillet 2023, limitant sévèrement leur raison de l’incertitude et de la baisse des crédits capacité à prêter. Par conséquent, les nouveaux accordés par le secteur bancaire. prêts au secteur privé avaient diminué de plus de 80 pour cent en novembre 2024 par rapport La forte croissance agricole a réduit l’extrême à la mi-2023. La crise de liquidité du système pauvreté à 45,3 pour cent en 2024, malgré bancaire s’est traduite par des défis accrus dans une inflation de 9,1 pour cent due aux prix des le secteur privé, contribuant à une baisse de 60 denrées alimentaires, qui a aggravé l’insécurité pour cent de la création d’emplois formels. alimentaire. Les perturbations des importations et un déficit de production céréalière en 2023 Le déficit fiscal est tombé à 4,3 pour cent ont contribué à une inflation élevée en 2024, du PIB, le gouvernement ayant réduit ses notamment par une augmentation des prix des dépenses en raison d’une faible mobilisation des denrées alimentaires. Néanmoins, le taux de ressources et d’un resserrement des conditions pauvreté extrême a diminué de 2,5 points de de financement. Les recettes publiques sont pourcentage pour atteindre 45,3 pour cent, estimées à 9,3 pour cent du PIB, contre 14,4 réduisant ainsi le nombre de personnes en pour cent prévus au budget. La fermeture situation de pauvreté extrême de plus de 270 de la frontière entre le Niger et le Bénin et les 000. Cependant, les zones rurales continuent perturbations des exportations de pétrole et de faire face à des taux de pauvreté plus élevés d’uranium ont entraîné une baisse importante des (52,2 pour cent) par rapport aux zones urbaines recettes fiscales liées au commerce. En outre, 1 Ce rapport contient des données et des analyses jusqu’en mars 2025. 2 Le deuxième chapitre s’appuie sur : Banque mondiale (2023). Transformer le système agroalimentaire nigérien, Rapport No : DLV0563898, Banque mondiale, Washington, DC, * L’estimation de la croissance du PIB de 2024 est susceptible d’être révisée à la hausse car elle ne reflète pas les dernières données sur l’agriculture et la production pétrolière. 8 les dons sont tombés à 1,5 pour cent du PIB, RENFORCER LE SYSTÈME AGROALIMENTAIRE contre une moyenne de 6,3 pour cent du PIB sur la période 2018-2022, à la suite des évènements Le système agroalimentaire du Niger est de juillet 2023. En raison de l’important manque confronté à des défis qui s’inscrivent dans un à gagner, le gouvernement n’a exécuté que la contexte de développement national marqué moitié des dépenses d’investissement prévues par une croissance démographique rapide, des pour contenir les besoins de financement du schémas migratoires difficiles et des progrès déficit, compte tenu des taux d’intérêt très lents en matière d’infrastructures. Le taux de élevés sur le marché obligataire régional. La fécondité national (6,7 enfants par femme selon viabilité de la dette s’est détériorée en raison de les estimations pour 2022)3 reste l’un des plus l’augmentation des arriérés du service de la dette élevés au monde. Les schémas migratoires, et de la baisse des recettes, ce qui a entraîné un difficiles dans de nombreuses régions du monde, abaissement de la note de risque de la dette du ont également contribué à l’augmentation de la pays à un risque élevé de surendettement. population, avec en 2024 quelque ¾ millions de nouveaux arrivants en provenance de pays voisins La croissance économique devrait ralentir à tels que le Burkina Faso et le Mali4. Les progrès 7,1 pour cent en 2025, toujours soutenue par nationaux dans le domaine de l’énergie solaire les exportations de pétrole, et atteindre une ont été lents, à l’instar des progrès réalisés dans moyenne de 4,8 pour cent en 2026-2027. Le le domaine des contrôles hydrologiques sûrs. gouvernement estime que la production de Ces deux domaines sont essentiels pour relever pétrole brut atteindra près de 35 millions de barils les défis posés par le changement climatique. en 2025. Les pressions inflationnistes devraient s’atténuer en 2025. Le taux d’extrême pauvreté Le secteur agricole est en retard sur les pays devrait diminuer progressivement pour atteindre voisins en termes de productivité, ce qui est dû 36,2 pour cent en 2027, ce qui représente une à divers facteurs, l’expansion de la production réduction de 9,1 points de pourcentage par agricole se faisant principalement sur la marge rapport à 2024 et une diminution de près de extensive. Les rendements céréaliers du Niger, 1,5 million de personnes vivant dans l’extrême qui s’élèvent en moyenne à 0,6 t/ha pour un pauvreté. Le déficit budgétaire devrait se réduire potentiel d’environ 2 t/ha, sont inférieurs à ceux grâce à une amélioration des recettes. des pays voisins (Burkina Faso, Mali et Nigeria) et ne représentent que 36 pour cent de la moyenne Les perspectives restent soumises à de l’Afrique subsaharienne. L’augmentation de la d’importants risques à la baisse et à quelques production est principalement due à l’expansion risques à la hausse. Les sources de croissance des zones cultivées et à la taille des troupeaux. économique sont étroites et sujettes aux chocs Les gains de productivité limités sont dus à la et aux problèmes de sécurité. Les risques liés rareté de l’accès aux technologies améliorées, au secteur bancaire pourraient se matérialiser à la faiblesse des services de conseil, à l’accès et perturber davantage les activités du secteur limité au financement, ainsi qu’à la faiblesse de privé. Les perturbations commerciales pourraient la commercialisation et de la création de valeur persister si les tensions avec le Bénin ne sont ajoutée. pas résolues et si les négociations avec la Communauté Économique des États de l’Afrique Le secteur agricole est très vulnérable au de l’Ouest (CEDEAO) n’aboutissent pas. De plus, changement climatique. La fréquence croissante le choc des prix du pétrole après les derniers des sécheresses, des inondations et des vagues développements du commerce mondial est à de chaleur a un impact sur les rendements des prendre en compte, car le Niger est désormais cultures et du bétail, exacerbant les vulnérabilités un exportateur de pétrole. Cela pourrait avoir existantes et menaçant la sécurité alimentaire et des implications négatives sur l’inflation, les les moyens de subsistance. Au cours des deux revenus du gouvernement et la prestation de dernières décennies, le Niger a été confronté à au services. En revanche, l’apurement des arriérés moins neuf grandes sécheresses et cinq grandes du gouvernement et l’amélioration des liquidités inondations, qui ont affecté sa population rurale dans le secteur bancaire pourraient contribuer et son agriculture pluviale. Le changement à la reprise du crédit dans le secteur privé. En climatique contribue à la crise alimentaire outre, il existe des possibilités de rendre le du Niger, qui survient tous les quatre ans en secteur agricole plus résistant. moyenne. Les projections futures indiquent 3 https://data.worldbank.org/indicator/SP.DYN.TFRT.IN?locations=NE 4 https://www.worldbank.org/en/country/niger/overview (citant le HCR) 9 une variabilité annuelle naturelle importante des est essentiel pour mettre en place des canaux précipitations, avec une augmentation prévue formels de commercialisation et de valorisation, de près de 25 pour cent des précipitations créer des emplois et améliorer l’accès aux pendant la saison des pluies d’ici les années marchés. En outre, il est essentiel d’investir dans 2050. Les fortes précipitations sont également les technologies de l’agriculture intelligente face susceptibles de se produire au moins deux fois au climat (AIC), telles que les variétés résistantes plus souvent, entraînant des risques d’inondation à la sécheresse, la gestion intégrée de la fertilité importants. des sols et la collecte de l’eau, afin de renforcer la résilience et d’accroître la productivité. Plusieurs Malgré ces défis, il existe également options politiques sont disponibles pour récolter plusieurs possibilités de renforcer le système les fruits les plus faciles à cueillir et mettre en agroalimentaire. L’expansion de l’agriculture œuvre des réformes à moyen terme. irriguée offre un potentiel de croissance significatif, en particulier dans les régions du sud où les précipitations sont plus élevées et les conditions favorables à la diversité des cultures. En outre, le renforcement des chaînes de valeur et des organisations de producteurs TABLEAU E.1 OPTIONS POLITIQUES POUR RENFORCER LA VIABILITÉ MACRO-BUDGÉTAIRE ET LE SYSTÈME AGRO- ALIMENTAIRE Objectifs de la politique Options politiques Réalisable à mettre en œuvre à court terme (1 an) Améliorer la viabilité et la • Établir et mettre en œuvre un plan réaliste et crédible d’apurement des arriérés transparence de la dette intérieurs afin d’améliorer la viabilité de la dette. • Reprendre la publication des bulletins de la dette. Renforcer la mobilisation des • Élargir l’assiette fiscale en rendant opérationnels le portail d’enregistrement en ligne recettes et l’efficacité fiscale des contribuables et le paiement mobile de l’impôt • Rendre opérationnels le contrôle après dédouanement en établissant un processus systématique d’examen des déclarations en douane, notamment en mettant en place une équipe de vérificateurs spécialisés et en élaborant des procédures normalisées. Améliorer la gestion des revenus • Mettre en œuvre le cadre adopté pour la gestion des recettes pétrolières en pétroliers adoptant un prix de référence du pétrole pour la préparation du budget. • Améliorer les prévisions de recettes pétrolières à court et à long terme en élaborant et en adoptant un modèle complet de production et de recettes pétrolières qui inclut explicitement les dépenses d’exploitation, les dépenses d’investissement et les flux de trésorerie. Accroître la resilience de • Faciliter les investissements dans les infrastructures d’irrigation, en particulier dans l’agriculture au changement la région méridionale où les précipitations sont plus importantes et les conditions climatique favorables à la diversité des cultures. • Promouvoir les moulins à grains villageois fonctionnant à l’énergie solaire, les sarcleuses tirées par des ânes et les tracteurs partagés en groupe pour le travail du sol Important à mettre en œuvre à moyen terme (2 à 5 ans) Renforcer la mobilisation des • Renforcer l’administration fiscale numérique afin d’améliorer l’efficacité, de réduire les recettes et l’efficacité fiscale fuites et d’améliorer la conformité grâce à des rapports en temps réel et à des audits automatisés. • Rationaliser les dépenses fiscales sur la base des recommandations du rapport sur les dépenses fiscales. • Automatiser l’enregistrement des contribuables et la gestion des répertoires. Accroître la résistance de • Investir dans les technologies CSA telles que les variétés de cultures résistantes à la l’agriculture au changement sécheresse, la gestion intégrée de la fertilité des sols et les techniques de collecte de climatique l’eau. Améliorer l’accès aux marchés • Renforcer les organisations de producteurs et les chaînes de valeur existantes pour les produits agricoles par le biais d’un renforcement des capacités et d’un soutien aux circuits de commercialisation formels • Promouvoir le développement d’installations et d’infrastructures agro-industrielles afin d’ajouter de la valeur aux produits agricoles et d’améliorer les débouchés commerciaux. 10 CHAPITRE 1 ÉVOLUTION DE L’ÉCONOMIE, DE LA PAUVRETÉ ET PERSPECTIVES Le contexte de développement du Niger Les autorités militaires ont officiellement est marqué par la vulnérabilité aux chocs institué une période de transition de cinq climatiques, l’instabilité politique récente et ans vers un régime constitutionnel, effective les exportations de pétrole à grande échelle. à partir du 26 mars 2025. Une conférence nationale pour déterminer les modalités de la Le secteur agricole représente environ 40 pour transition politique s’est tenue dans la capitale, cent du PIB, ce qui rend l’économie vulnérable Niamey, du 15 au 20 février. Suite à la conférence, aux chocs climatiques, qui sont encore aggravés une charte de transition, qui a la valeur juridique par des défis structurels défavorables. Bien que d’une constitution, a été adoptée. Cette charte l’irrigation ait progressé ces dernières années, prévoit une période de transition initiale de l’agriculture pluviale reste le fondement du cinq ans, avec la possibilité de prolongation en secteur, ce qui l’expose aux chocs climatiques. fonction de la situation sécuritaire dans le pays. Il en résulte une faible productivité qui affecte le niveau de vie de plus de 80 pour cent de la L’économie du Niger devient de plus en plus population du pays employée dans le secteur dépendante des hydrocarbures, ce qui pourrait agricole. Par conséquent, 95 pour cent de la l’exposer à une volatilité encore plus grande de population en situation d’extrême pauvreté la croissance. Après l’achèvement de l’oléoduc vit dans les zones rurales. Cette situation Niger-Bénin, les exportations de pétrole à est encore aggravée par la forte croissance grande échelle ont commencé en mai 2024, démographique, les disparités entre les sexes et augmentant l’importance du secteur pétrolier le faible développement du capital humain. dans les exportations, les revenus et le PIB. La production totale de pétrole brut devrait passer La stabilité relative du Niger a pris fin avec de 15 000 à 107 000 barils par jour d’ici 2025. le changement anticonstitutionnel de En supposant que les prix moyens annuels du gouvernement en juillet 2023, qui a déclenché pétrole se maintiennent au niveau des années des sanctions économiques et financières précédentes, l’augmentation de la production de la CEDEAO et de l’Union Économique et amènera le secteur pétrolier à représenter 13 pour Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) pendant cent du PIB du Niger (contre environ 2 pour cent près de 7 mois5. De 2011 à 2023, le Niger était en 2023). Si cette expansion devrait accroître les considéré comme un pays politiquement stable recettes publiques, elle amplifiera également la au Sahel, attirant une aide au développement et volatilité de la croissance. À moins de nouvelles des investissements internationaux importants. découvertes, la production pétrolière du Niger Cependant, le changement anticonstitutionnel devrait commencer à décliner au milieu des de gouvernement a entraîné une pause et une années 2030. réduction du financement du développement. Le 28 janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé leur retrait immédiat de la CEDEAO. Par la suite, en juillet 2024, les trois pays ont signé le traité établissant la Confédération des États du Sahel, ce qui a accru l’incertitude politique. Jusqu’à présent, les trois pays sont restés attachés à l’appartenance à l’UEMOA. 5 Les sanctions comprenaient (i) la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Niger ; (ii) la suspension de toutes les transactions commerciales entre le Niger et les pays de la CEDEAO ; (iii) la suspension des transactions financières entre le Niger et les pays de la CEDEAO ; (iv) le gel des avoirs publics du gouvernement, des entreprises publiques et parapubliques détenus à la BCEAO et dans les banques commerciales de la région de l’UEMOA ; et (iv) la suspension du Niger de toute assistance financière régionale. Les sanctions ont été levées le 24 février 2024. 11 1.1 Développements récents en matière d’économie et de pauvreté6 L’économie du Niger a fortement rebondi en en raison de l’incertitude et des pénuries de 2024 avec une croissance du PIB de 8,4 pour liquidités dans le secteur bancaire. cent (4,9 pour cent par habitant), à la suite de la levée des sanctions et du début des Du côté de l’offre, la croissance a été exportations de pétrole à grande échelle. tirée par l’expansion agricole due à des conditions météorologiques favorables et par La croissance du PIB réel est estimée à 8,4 l’augmentation de la production industrielle, pour cent en 2024, contre 2,0 pour cent en principalement de la production de pétrole à 2023, principalement grâce aux exportations grande échelle. Le secteur agricole a connu une de pétrole à grande échelle avec l’achèvement croissance de 11,1 pour cent, contre 3,1 pour de l’oléoduc Bénin-Niger. Les exportations cent en 2023, grâce à une reprise substantielle de pétrole brut via l’oléoduc ont commencé de la production pluviale (+12,1 pour cent), qui en mai 2024, augmentant les exportations avait diminué l’année précédente. En 2024, de 48,5 pour cent. La production totale de la production pluviale est estimée à 55,3 % pétrole brut a atteint 15,5 millions de barils en de la production agricole totale du Niger. En 2024, contre 7 millions de barils en 2023. La revanche, l’expansion de la production irriguée a croissance de la consommation privée a ralenti ralenti à 8,8 pour cent en 2024, en raison d’une à 3,1 pour cent, contre 3,5 pour cent en 2023, réduction de la surface irriguée des principales en raison d’une inflation plus élevée et d’un cultures. La production industrielle a accéléré à déficit de la production céréalière en 2023. La 12,1 pour cent en 2024, alimentée par le début consommation publique s’est contractée de 0,3 de la production pétrolière à grande échelle pour pour cent, contre 7,0 pour cent en 2023, tandis l’exportation. que l’investissement privé a continué à diminuer FIGURE 1.1 FIGURE 1.2 L’AGRICULTURE RESTE LE PRINCIPAL SECTEUR LES EXPORTATIONS DE PÉTROLE À GRANDE CONTRIBUANT À LA CROISSANCE EN 2024 ÉCHELLE ONT STIMULÉ LA CROISSANCE DU CÔTÉ DE LA DEMANDE Contribution à la croissance du PIB (pp), Niger, 2022-2027 Contribution à la croissance du PIB (pp), Niger, 2022-2027 15% 15% 10% 10% 5% 5% 0% 0% -5% -10% -5% 2023 2024e 2025p 2026p 2027p 2022 2023 2024e 2025p 2026p 2027p Consommation privée Consommation publique Services Croissance du PIB (coût des Investissement Divergence statistique L’industrie facteurs) Variation des stocks Exportations, GNFS Agriculture Importations, PNBF Croissance du PIB Source: Gouvernement du Niger, personnel de la Banque mondiale 6 L’estimation de la croissance du PIB de 2024 est susceptible d’être révisée à la hausse car elle ne reflète pas les dernières données sur l’agriculture et la production pétrolière. Le FMI estime la croissance du PIB en 2024 a 10.3 pourcent. 12 L’inflation a bondi en 2024 - bien au- alimentaires, la combinaison d’un déficit de delà de la moyenne de l’UEMOA - sous production céréalière en 2023 et de la fermeture l’effet de la hausse des prix des denrées de la frontière Niger-Bénin a perturbé les alimentaires et des perturbations de la chaîne chaînes d’approvisionnement. Cela a entraîné d’approvisionnement, cependant, la saison une augmentation des coûts de transport, ce des récoltes a apporté un soulagement à la fin qui a provoqué une hausse des prix, notamment de l’année. au cours du premier semestre de l’année. Pendant cette période, l’inflation a augmenté En 2024, l’inflation s’est accélérée pour régulièrement, atteignant un pic de 15,5 pour atteindre 9,1 pour cent, contre 3,7 pour cent cent en juin 2024. Cependant, elle s’est atténuée en 2023, alimentée par une hausse des prix au second semestre de l’année avec le début de des denrées alimentaires. En raison de la la saison des récoltes. forte dépendance du Niger aux importations FIGURE 1.3 FIGURE 1.4 L’INFLATION GLOBALE A BONDI EN 2024, AU NIGER, CE SONT PRINCIPALEMENT LES PRIX DÉPASSANT LARGEMENT LA MOYENNE DE L’UEMOA DES DENRÉES ALIMENTAIRES QUI ONT ALIMENTÉ L’INFLATION GLOBALE Inflation mensuelle (%, a/a), Niger et Inflation mensuelle et contribution (%, a/a), Niger, moyenne UEMOA, 2022-2024 2022-2024 16 35 14 25 12 10 15 8 5 6 -5 4 2 -15 0 Dec-2022 Jun-2023 Dec-2023 Jun-2024 Dec-2024 Déc-2022 Juin-2023 Dec-2023 Juin-2024 Dec-2024 Inflation alimentaire Inflation de base Niger UEMOA Energie inflation Inflation à la une Source: INS et personnel de la Banque mondiale Le taux d’inflation de l’UEMOA a diminué depuis décaissements du FMI et de la Banque mondiale. 2022, mais est resté supérieur à la fourchette La Banque centrale des États de l’Afrique de cible de 1 à 3 pour cent de l’UEMOA, à 3,6 pour l’Ouest a maintenu ses taux d’intérêt directeurs cent en 2024. Les réserves régionales de change inchangés tout au long de l’année 2024, à 3,5 sont passées de 3,5 mois d’importations en 2023 pour cent pour les appels de liquidités et à 5,5 à 4,7 mois en 2024, sous l’effet de la reprise des pour cent pour la facilité de prêt marginal. émissions obligataires internationales et des 13 ENCADRÉ 1.1 MESURES GOUVERNEMENTALES POUR ALLÉGER LE COÛT DE LA VIE Le GouvernementPlease change ALL the small g in ‘government’ to a capital G. a émis l’arrêté n° 0067 pour réduire le prix des hydrocarbures à la pompe, suite aux engagements pris le 24 juin 2024. Les nouveaux prix fixés par le Gouvernement font passer le coût du Super 91 de 540 FCFA à 499 FCFA (-7,6 pour cent) et celui du gasoil de 668 FCFA à 618 FCFA (-7,5 pour cent). L’objectif de cette mesure est de diminuer les coûts de transport et, par conséquent, de réduire le coût des marchandises. Le 14 octobre 2024, le Gouvernement a décidé de réduire le prix du ciment gris (CEM II 32,5) afin de stimuler l’investissement dans le secteur pendant 12 mois à compter de la date de signature de l’arrêté. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large visant à stimuler l’investissement et à accorder des exonérations fiscales dans l’industrie du ciment. L’arrêté définit un régime fiscal spécial pour l’importation, la production et la commercialisation du ciment gris (CEM II 32.5), accordant d’importantes exonérations aux sociétés légalement établies au Niger. Ces exonérations comprennent (a) l’exonération totale de la taxe sur les activités financières (TAFI) sur les intérêts courus non échus des prêts, (b) l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur toutes les sources d’énergie utilisées pour les installations de production, (c) l’exonération de la taxe foncière sur les personnes morales (TIPM), et (d) l’exonération de la taxe professionnelle (TP). En outre, ces entreprises bénéficieront d’exonérations sur les droits de douane et les taxes, y compris la TVA, mais à l’exclusion de la redevance statistique (RS), du prélèvement communautaire de solidarité (PCS) et du prélèvement de l’Union africaine (PUA) sur le charbon utilisé pour produire le ciment gris CEM II 32,5. Ils seront également exonérés de la TVA sur l’importation des sacs d’emballage du ciment et sur la vente et le transport du ciment gris CEM II 32,5 à l’intérieur du pays pour un usage domestique. En octobre 2024, le Gouvernement a décidé d’interdire l’exportation des céréales de la récolte 2024. Malgré l’excédent de la campagne 2024, les prix des céréales sont restés relativement élevés en raison des contraintes d’importation liées à la fermeture de la frontière avec le Bénin. Pour atténuer les tensions sur les prix, le Gouvernement a mis en place une interdiction d’exportation. Selon le Gouvernement, cette décision visait à accroître l’approvisionnement du marché intérieur et à rendre les denrées alimentaires de base plus accessibles. Les céréales concernées par l’interdiction d’exportation sont le riz paddy, le riz usiné, le millet, le sorgho, le niébé et le maïs. L’interdiction d’exportation ne s’applique pas aux exportations vers les pays membres de l’AES. En septembre 2024, le Gouvernement a décidé de réduire de 50 pour cent les frais de santé dans les centres de santé publics. Selon le Gouvernement, seul 1,07 Nigérien sur 2 a accès à une structure de santé dans un rayon de 5 km, et l’indice moyen de couverture des services de santé de base était de 49,1 pour cent en 2021. En outre, les ménages nigériens couvrent plus de 40,7 pour cent des coûts des soins de santé, ce qui représente une lourde charge financière pour les familles à faible revenu. Afin d’améliorer l’accès aux centres de santé pour les plus vulnérables, en particulier ceux qui vivent dans les zones rurales, le Gouvernement a décidé de réduire les frais de santé de 50 pour cent. Les objectifs spécifiques sont (a) d’harmoniser et de réduire les coûts de la santé pour en faciliter l’accès, et (b) de relever les défis historiques auxquels est confronté le système de santé, notamment les taux élevés de mortalité et de mortalité infantile, et le manque de financement du système. Les effets persistants des sanctions, la et financières de la CEDEAO et de l’UEMOA fermeture de la frontière entre le Bénin et le ont perturbé les activités du secteur privé, Niger et la pénurie de liquidités dans le secteur conduisant les entreprises (interrogées) à réduire bancaire se sont traduits par une baisse de 60 leurs effectifs ou à diminuer les embauches. pour centde la création d’emplois formels. Bien que les sanctions aient été levées en février 2024, leurs effets persistants sur le secteur Le marché du travail formel a été caractérisé par privé, ainsi que la fermeture de la frontière entre une augmentation du nombre de demandeurs le Bénin et le Niger et les problèmes de liquidité d’emploi et une forte baisse des offres bancaire, ont entraîné une augmentation du d’emploi, probablement liée aux difficultés nombre de demandeurs d’emploi, probablement du secteur privé7. Les sanctions économiques en raison de l’augmentation des licenciements, 7 Le marché de l’emploi formel est extrêmement limité, avec un taux d’emploi informel pour les personnes de plus de 15 ans atteignant 98,5 pour cent en 2022, selon les données de l’OIT. 14 et une diminution du nombre d’offres d’emploi. d’emplois dans le secteur extractif. Les L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi rapports de l’ANPE montrent que la part des (ANPE) a signalé une augmentation du nombre emplois dans les services sociaux a diminué de de demandeurs d’emploi de 16 pour cent et une 78,5 pour cent (2021-2023) à 69,8 pour cent baisse du nombre d’offres d’emploi de 22 pour en 2024. Cette baisse est probablement due à cent, les ingénieurs et les cadres supérieurs la réduction des financements internationaux représentant la plus grande part des demandeurs depuis le changement anticonstitutionnel d’emploi ; le nombre d’emplois créés a chuté de de gouvernement en juillet 2023. À l’inverse, près de 60 pour cent (Figure 1.5). l’industrie extractive a enregistré une croissance significative de sa contribution à l’emploi (Figure Alors que la réduction des financements 1.6), sa part d’emplois passant d’une moyenne de extérieurs a diminué le nombre d’emplois 3,2 pour cent sur 2021-2023 à 12 pour cent en dans le secteur social, la production pétrolière 2024. à grande échelle a augmenté le nombre FIGURE 1.6 FIGURE 1.5 LA PART DES EMPLOIS DANS LES INDUSTRIES LES OFFRES D’EMPLOI ONT DIMINUÉ DE 60 %, CE EXTRACTIVES A AUGMENTÉ AVEC L’EXPANSION QUI REFLÈTE LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR DU SECTEUR PÉTROLIER LE SECTEUR PRIVÉ Évolution du marché du travail (%), Niger, Structure de l’emploi (% du total), Niger, 30% 2021-2024 40% 2021-2024 36.5% 2024 20% 20% 10% 2023 0% 0% -11.4% -10.7% -20% 2022 -10% -40% 20% 2021 -59.5% -30% -60% 2021 2022 2023 2024 0% 20% 40% 60% 80% 100% Demandeurs d’emploi Offres d’emploi Autres Travaux publics et construction Nombre d’emplois créé Industrie extractive Services sociaux Source : ANPE, personnel de la Banque mondiale Note : Ce graphique ne comprend que les emplois inscrits à l’ANPE, représentant les demandeurs d’emploi qui ont formellement cherché un emploi par l’intermédiaire de l’agence. Le déficit de la balance courante s’est réduit pétrole. Le solde du compte de capital devrait à 6,2 pour cent du PIB, grâce aux exportations s’améliorer pour atteindre 2,2 pour cent du PIB, de pétrole, malgré la perturbation des routes contre 1,0 pour cent en 2023, grâce à la reprise commerciales et des principales exportations, des émissions sur le marché obligataire de notamment l’uranium. l’UEMOA et aux tirages sur la dette extérieure. Le déficit des comptes courants s’est réduit La fermeture de la frontière entre le Niger et en 2024 en raison du début des exportations le Bénin a gravement perturbé le commerce de pétrole brut par l’oléoduc Niger-Bénin. Le formel. Elle a contraint le Niger à se tourner vers déficit commercial s’est amélioré, passant de des itinéraires de transport plus longs et plus 9,4 pour cent du PIB en 2023 à 6,7 pour cent, coûteux, ce qui a entraîné une baisse du volume en raison d’une réduction des importations et des échanges et a perturbé les exportations d’une forte augmentation des exportations de d’uranium. Bien qu’il n’y ait pas d’interdiction 15 officielle de l’uranium, selon un décret China National Petroleum Corporation (CNPC), gouvernemental, les exportations officielles/ remboursable sur un an à un taux d’intérêt de formelles d’or et d’uranium sont tombées à zéro 7 pour cent. Les fonds ont été utilisés pour en 2024 en raison de la fermeture de la frontière. apurer les arriérés de dette et débloquer De plus, les révocations de licences par le des financements supplémentaires pour le gouvernement en raison de retards allégués dans gouvernement. Le prêt doit être remboursé avec le développement des mines ont conduit à l’arrêt jusqu’à 80 pour cent de la part du Niger dans de la production et de l’exportation de stocks les exportations de pétrole. Avec une part du accumulés. L’uranium, qui était auparavant Niger dans les exportations de pétrole estimée à un produit d’exportation majeur, a contribué à 25 pour cent, les revenus pétroliers disponibles hauteur de 15 à 20 pour cent aux exportations pour le budget sont limités. Cette situation a totales du Niger entre 2017 et 2023, pour un été aggravée par des perturbations dans les montant de 123,9 milliards de FCFA (194,7 exportations de pétrole en raison d’attaques millions de dollars US) en 2023. répétées sur le pipeline. Le déficit budgétaire s’est réduit à 4,3 pour La forte baisse des recettes, combinée à une cent du PIB en 2024, mais la note de risque accumulation rapide des arriérés de dette, a de la dette a été abaissée à un niveau élevé conduit le FMI et la Banque mondiale à abaisser en raison d’arriérés et d’une forte baisse des conjointement la note de risque de viabilité recettes de la dette du Niger de modérée à élevée. L’accumulation des arriérés de dette8 a augmenté Les recettes du gouvernement en 2024 les exigences du service de la dette à plus de ont diminué en raison de la baisse des 34 pour cent des recettes nationales et près de recettes fiscales, en particulier celles liées au 20 pour cent des dépenses totales à la fin de commerce, ce qui a entraîné une réduction décembre 2024. (Figure 1.8) En conséquence, des dépenses d’investissement. Les recettes l’analyse conjointe Banque-Fonds de la viabilité totales sont estimées à 9,3 pour cent du PIB, de la dette approuvée en janvier 2025 a estimé contre 14,4 pour cent prévus. Cette baisse est que le risque global de surendettement était liée à la fermeture de la frontière entre le Niger élevé. La rétrogradation est principalement et le Bénin et aux perturbations des exportations attribuée à la baisse des recettes, qui a entraîné de pétrole et d’uranium. En outre, les dons des dépassements du seuil du ratio du service de ont fortement diminué depuis le changement la dette extérieure aux recettes en 2024 et 2025, anticonstitutionnel de gouvernement, atteignant bien que d’autres indicateurs de la dette restent 1,5 pour cent du PIB en 2024, contre une moyenne en dessous de leurs seuils dans le scénario de de 6,3 pour centsur la période 2018-2022. En base. réponse, le gouvernement a réduit les dépenses à 13,6 pour cent du PIB, avec des dépenses en Les conditions de financement sont restées capital de 4,8 pour cent du PIB, soit seulement tendues en 2024, avec des sources de 54 pour cent du montant prévu. Malgré la baisse financement extérieures limitées et un des recettes, la diminution rapide des dépenses financement intérieur coûteux en 2024. Le a permis de réduire le déficit budgétaire à 4,3 gouvernement n’a pas réussi à lever la totalité pour cent du PIB, contre 4,4 pour cent en 2024. du montant mis aux enchères lors des émissions sur le marché financier de l’UEMOA et la majeure Malgré le début des exportations de pétrole partie a été levée sous forme de bons du Trésor à grande échelle, le Niger n’a pas encore vu à court terme (3-12 mois). Seule une fraction une augmentation significative des revenus des obligations à 3 ans offertes a été souscrite pétroliers dans le budget. En avril 2024, en par les investisseurs. Par ailleurs, le rendement prévision du début des exportations de pétrole moyen était beaucoup plus élevé par rapport à brut, le gouvernement a obtenu une avance 2023, quelle que soit la maturité (Figure 1.9 et de 400 millions de dollars américains de la Figure 1.10). 8 À la fin du mois d’avril 2024, le total des arriérés de la dette intérieure et extérieure a atteint 701,1 milliards de FCFA. Entre avril et juin 2024, le gouvernement a apuré 533,8 milliards de FCFA d’arriérés, la plupart par le biais du reprofilage. Cependant, la progression s’est ralentie et, en octobre, les nouveaux arriérés ont atteint 107 milliards de FCFA, entraînant une augmentation nette de 81,7 milliards de FCFA. Cela a porté le stock total d’arriérés à 264,4 milliards de FCFA (2,2 % du PIB). 16 FIGURE 1.7 FIGURE 1.8 LA BAISSE DES RECETTES A ENTRAÎNÉ UNE LE RATIO DU SERVICE DE LA DETTE SUR LES RECETTES RÉDUCTION DES DÉPENSES EN CAPITAL EN 2024 A BONDI EN 2024 POUR ATTEINDRE 34,2 % Compte budgétaire, Niger, 2023-2024 (% du PIB) Service de la dette (% des recettes), Niger, 2010-2024 20 35% 30% 10 25% 20% 0 15% -3.2 -4.3 10% -5.4 -10 5% 0% 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 -20 2023 2024 Budget 2024 Dépenses en capital Dépenses courantes Amortissement Service de la dette Total des recettes (y compris Déficit budgétaire Intérêt les subventions) Source: MEF, personnel de la Banque mondiale FIGURE 1.9 FIGURE 1.10 DANS UN CONTEXTE D’AUGMENTATION DES LE NIGER PAIE PLUS SUR SA DETTE QUE PRESQUE ÉMISSIONS DE DETTE EN 2024, LES RENDEMENTS TOUS LES AUTRES PAYS DE L’UEMOA MOYENS ONT AUGMENTÉ Coût et volume des emprunts (% et millions de FCFA), Rendement annuel moyen, 12 mois BAT, Niger Niger, 2024 12.5 Russia’s Invasion Regime ECOWAS Exit 900 000 12 of Ukraine change Announcement 800 000 10 700 000 10.0 Millions FCFA 600 000 8 Pour cent Rendement annuel moyen 500 000 6 400 000 300 000 4 7.5 200 000 2 100 000 0 0 3 6 12 24 36 60 84 120 5.0 Mois 2022 Montant annuel retenu (en millions de FCFA) 2023 Montant annuel retenu (en millions de FCFA) 2.5 2024 Montant annuel retenu (en millions de FCFA) 2022 Rendement annuel moyen (à droite) 2018 2020 2022 2024 2023 Rendement annuel moyen (à droite) 2024 Rendement annuel moyen (à droite) Niger Autres pays de l’UEMOA Source: UMOA-titres, personnel de la Banque mondiale 17 Les sanctions, les perturbations commerciales Les difficultés du secteur bancaire ont eu un et les arriérés du gouvernement ont mis le impact négatif sur le secteur privé en réduisant secteur bancaire du Niger dans une position la capacité de prêt des banques. Les arriérés du vulnérable, entravant la reprise économique. gouvernement ont contribué à l’augmentation du ratio des prêts non performants, qui a atteint Le secteur bancaire est confronté à une pénurie 24 pour cent à la fin du mois de septembre. de liquidités et les risques de solvabilité ont Les banques commerciales sont exposées aux augmenté. Le problème de liquidité est dû à (a) risques liés aux arriérés du gouvernement envers une baisse des dépôts due à la perte de confiance les fournisseurs qui ont reçu des prêts de ces des consommateurs dans les banques - liée aux banques pour financer leurs commandes et qui impacts persistants des sanctions de l’UEMOA n’ont pas été en mesure de rembourser leurs et à la situation économique actuelle ; (b) la prêts. La baisse des dépôts a affecté les prêts fermeture des frontières qui a eu un impact sur des banques au secteur privé. En septembre les emprunteurs commerciaux impliqués dans le 2024, les liquidités des banques avaient diminué commerce ; et (c) l’encours de la dette publique de 62 pour cent par rapport à juillet 2023, ce (arriérés) envers les banques commerciales. qui a fortement limité leur capacité à prêter, En outre, entre juin 2023 et août 2024, le ratio en particulier aux micro, petites et moyennes moyen de solvabilité du système bancaire a entreprises (MPME). Les nouveaux prêts au chuté de 20,5 pour cent à 9,8 pour cent, en secteur privé ont chuté de plus de 80 pour cent dessous du minimum requis de 11,5 pour cent en novembre 2024. par la BCEAO, plusieurs banques ne respectant pas la norme réglementaire. FIGURE 1.11 FIGURE 1.12 LE RATIO DES PRÊTS NON PERFORMANTS A ATTEINT LE RATIO DE SOLVABILITÉ MOYEN AU NIGER A 24 % À LA FIN DU MOIS DE SEPTEMBRE 2024 CHUTÉ DE 20,5 % À 9,8 % Prêts non performants (% du total des Ratio de solvabilité (%), Niger, 2020-2024 prêts), Niger et UEMOA, 2023-2024 30 25 21.9 26.5 24.7 25 20 20 20.5 15 16.1 15 10 10 9.8 5 5 Mar-23 Avr-2023 Mai-2023 Juin-2023 Aug-2023 Sep-2023 Oct-2023 Nov-2023 Déc-2023 Fev-2024 Mar-2024 May-2024 Jun-2024 0 2020 2021 2022 2023 T1 2023 T2 2023 T3 2023 T4 2024 T1 2024 T2 2024 T3 Niger Moyenne UEMOA Source: BCEAO et personnel de la Banque mondiale Malgré une inflation élevée et les effets L’extrême pauvreté en 2024 est estimée avoir persistants des sanctions, l’extrême pauvreté diminué de 2,5 points de pourcentage par a diminué grâce à une forte croissance rapport à 2023, en raison de la forte croissance agricole, mais l’insécurité alimentaire s’est de l’agriculture, conduisant à une diminution aggravée pour les plus vulnérables. du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Malgré un taux d’inflation élevé de 9,1 pour cent, dû à une augmentation notable de 18 12,9 pour cent des prix des denrées alimentaires, économiques, qui ont affecté négativement la croissance économique robuste, en particulier l’accessibilité aux services sociaux essentiels en dans le secteur agricole, a contribué à réduire raison de l’accès restreint, des prix plus élevés le taux d’extrême pauvreté à 45,3 pour cent. et des revenus plus faibles des ménages (voir (Figure 1.13) Cette réduction équivaut à plus l’annexe 3.4). En conséquence, les conditions de 270 000 personnes de moins vivant dans de vie des ménages nigériens se sont l’extrême pauvreté. Cependant, la pauvreté reste détériorées pendant les sanctions, contribuant disproportionnellement plus élevée dans les à une augmentation notable de la pauvreté, en zones rurales, avec un taux d’extrême pauvreté particulier dans les zones urbaines. Sur la base de 52,2 pour cent, contre 10,1 pour cent dans les des ménages interrogés, on estime que les zones urbaines. sanctions ont entraîné une augmentation du taux de pauvreté de 1,1 point de pourcentage à Selon une enquête téléphonique menée auprès Niamey et de 2,9 points de pourcentage dans des ménages en juin 2024, les ménages urbains les autres centres urbains, tandis que les zones ont été davantage touchés par les sanctions rurales ont connu une diminution de 2,4 points de la CEDEAO9. L’enquête a révélé des arrêts de pourcentage du taux de pauvreté. et une réduction substantielle des activités FIGURE 1.13 L’EXTRÊME PAUVRETÉ A DIMINUÉ AVEC L’AUGMENTATION DU PIB PAR HABITANT Taux de pauvreté (%) PIB réel par habitant (en unités monétaires locales constantes) 120 380 000 370 000 100 360 000 80 350 000 60 340 000 330 000 40 320 000 20 310 000 0 300 000 2022 2023 2024 2025 2026 2027 Taux de pauvreté international Taux de pauvreté des pays à revenu intermédiaire inférieur Taux de pauvreté des pays à revenu intermédiaire supérieur PIB réel par habitant Source: Estimations des services de la Banque mondiale Les inondations au Niger ont entraîné des et de kits non alimentaires aux communautés pertes en vies humaines, des déplacements de touchées. En octobre 2024, selon le Cadre population et une augmentation de l’insécurité Harmonisé, 1 534 548 personnes (5,6pour cent de alimentaire, soulignant les effets combinés des la population) étaient confrontées à l’insécurité chocs climatiques, des conflits et des pressions alimentaire aux phases 3 (Crise) et 4 (Urgence)10. économiques. De fortes pluies ont provoqué Les principaux moteurs de l’insécurité alimentaire des inondations dans certaines parties du pays, sont les conflits, les chocs climatiques et les prix affectant 161 142 ménages (1 197 487 personnes) élevés des denrées alimentaires, exacerbés par et causant 341 décès en septembre 2024. Le les perturbations du commerce. gouvernement a fourni 7 026 tonnes de céréales 9 Les résultats sont basés sur une enquête téléphonique auprès des ménages réalisée en juin 2024. 10 Dossier du PAM sur le Niger 19 1.2 Coup de projecteur : L’impact des sanctions sur les entreprises et les ménages L’impact des sanctions sur les entreprises Les résultats de l’enquête indiquent que privées les sanctions ont perturbé les activités des entreprises privées mais ont conduit à des L’Office national de la statistique (INS) et fermetures temporaires et permanentes la Banque mondiale ont mené une enquête limitées. Environ 61 pour cent des entreprises auprès des entreprises en juin 2024 pour ont cité les sanctions comme la principale cause évaluer l’impact des sanctions sur le secteur des perturbations, 93 pour cent des entreprises privé. L’enquête, réalisée par téléphone, a formelles et ~60 pour cent des entreprises échantillonné des entreprises à partir de la informelles étant de cet avis (Figure 1.15). base de données du Recensement général des Les perturbations comprennent les barrières entreprises (REGEN) de 2022 au Niger. La base de commerciales et la réduction de l’accès au données comprend des données téléphoniques financement et aux services. Parmi les entreprises et d’autres informations pertinentes sur les qui ont fermé définitivement, 58 pour cent avaient principales entreprises du Niger. La taille de fermé avant les sanctions. En outre, 34 pour cent l’échantillon était de 2 500 entreprises (833 des entreprises fermées temporairement avaient formelles et 1 667 informelles). Au total, 1 644 déjà fermé temporairement avant les sanctions. entreprises ont répondu (589 formelles et 1 055 informelles), soit un taux de réponse de 67 %. Une marge de 50 pour cent a été utilisée pour anticiper les non-réponses. FIGURE 1.14 FIGURE 1.15 LA PLUPART DES ENTREPRISES INTERROGÉES SONT LA MAJORITÉ DES ENTREPRISES FORMELLES CLASSÉES DANS LA CATÉGORIE DES ENTREPRISES ONT ÉTÉ TOUCHÉES PAR LES SANCTIONS, LES COMMERCIALES ENTREPRISES INFORMELLES MOINS Classification économique des entreprises interrogées (%), Proportion de la perception de l’impact des sanctions sur les Niger, 2024 entreprises (%), Niger, 2024 100 92.5 80 59.2 60.5 60 78.2 77.1 40.8 39.5 55.7 40 20 7.5 Formel Informel Dans l’ensemble 0 Industriel Agriculture Formel Informel Overall Commercial Service Artisanat Construction Activités non affectées Activités concernées Source: INS et estimations des services de la Banque mondiale 20 Au cours des sept mois de sanctions, 75,6 pour conséquence, les entreprises ont réduit l’emploi cent des entreprises interrogées au Niger ont et les investissements. Environ 64,6 pour cent connu une baisse significative de leurs ventes des entreprises ont déclaré un résultat net en raison de difficultés d’approvisionnement négatif. En outre, 48,8 pour cent des entreprises et d’une diminution du nombre de clients. Cela formelles et 40,5 pour cent des entreprises concernait 80,1 % des entreprises formelles informelles ont estimé que leurs ventes avaient et 75,3 % des entreprises informelles. En diminué de 25 à 50 pour cent. FIGURE 1.16 FIGURE 1.17 LES TROIS QUARTS DES ENTREPRISES SIGNALENT PLUS DE 40 % DES ENTREPRISES SIGNALENT UNE DES FLUCTUATIONS CROISSANTES PENDANT LES BAISSE DES VENTES DE PLUS DE 50 % PENDANT LES SANCTIONS SANCTIONS Fluctuations du chiffre d’affaires pendant les sanctions Ampleur de la baisse des ventes pendant les sanctions (%), Niger (%), Niger 100 100 12.1 13.8 13.7 80.1 80 75.3 75.6 80 20.5 29.4 29 60 60 40 40 48.8 40.5 40.9 20.9 20.7 20 17 20 2.9 3.8 3.7 18.6 16.3 16.4 0 0 Formel Informae Dans l’ensemble Forme Informae Overall Augmentation Stable En baisse 0-25% 25-50% 50-75% 75% et plus Source: INS et estimations des services de la Banque mondiale Les sanctions ont entraîné une réduction de à temps partiel, contre 28,4 pour cent après les l’emploi, sans différence entre les entreprises sanctions. Cependant, ces effets sur l’emploi formelles et informelles. Avant les sanctions, sont similaires dans les entreprises formelles et seules 8,2 pour cent des entreprises interrogées informelles. En outre, environ 34,0 pour cent avaient réduit le nombre de leurs employés à des entreprises dans l’ensemble estiment que la temps plein. Cette proportion est passée à 21,7 réduction de leur main-d’œuvre à temps plein se pour cent après les sanctions. De même, avant situe entre 50 pour cent et 75 pour cent, ce qui les sanctions, 12,7 pour cent des entreprises montre une réduction significative dans un tiers interrogées avaient réduit le nombre d’employés des entreprises touchées (Figure 1.19). 21 FIGURE 1.18 FIGURE 1.19 DANS LES ENTREPRISES FORMELLES ET L’EMPLOI DE PLUS DE LA MOITIÉ DES ENTREPRISES INFORMELLES, L’EMPLOI A DIMINUÉ, EN A ÉTÉ SIGNIFICATIVEMENT AFFECTÉ PARTICULIER POUR LES EMPLOIS À TEMPS PARTIEL Fluctuations du nombre d’emplois (%), Ampleur de la baisse de l’emploi pendant la sanction (salariés à Niger temps plein) (%), Niger 30 100 14.4 19.8 18.6 25 80 20 27.1 36 34 15 60 10 23 40 5 31.9 34.3 20 0 35.5 Formel Informae Dans Formae Informae Overall 15.5 l’ensemble 9.9 0 Avant les sanctions Après les sanctions Formae Informae Overall Emploi à temps plein diminution du nombre de travailleurs 0-25% 25-50% 50-75% 75% et plus Emploi à temps partiel diminution du nombre de travailleurs Source: INS et estimations des services de la Banque mondiale L’impact des sanctions sur l’investissement a des Ménages 2021-2022 (EHCVM 2), a été choisi été évalué en analysant, entre autres, le niveau pour ses données récentes sur les conditions de des investissements réalisés par les entreprises vie. Une méthode d’échantillonnage stratifiée à et les fluctuations observées dans ces deux degrés a été utilisée, prenant en compte investissements. Plus de la moitié des entreprises Niamey, les autres centres urbains et les zones (52,4 pour cent) ont estimé que leur niveau rurales. Les strates considérées sont Niamey, les d’investissement avait diminué depuis le début autres centres urbains et les zones rurales. Sur des sanctions. La baisse des investissements est les 1 988 ménages tirés au sort, 1 649 ont été beaucoup plus prononcée dans les entreprises effectivement enquêtés, soit un taux de réponse informelles (53,3 pour cent) que dans les de 83 pour cent. Le plan d’échantillonnage entreprises formelles (36,6 pour cent). En outre, a pris en compte les non-réponses par un 49,8 pour cent des entreprises qui avaient connu suréchantillonnage, garantissant ainsi la une baisse de leurs investissements pendant les représentativité. sanctions estimaient que cette baisse se situait entre 25 et 50 pour cent. Les résultats montrent une réduction significative des activités et des fermetures L’impact des sanctions sur les ménages d’entreprises dans le pays, avec des disparités nigériens basées sur les caractéristiques socio- économiques et démographiques des ménages. L’Office national de la statistique et la Banque Les données de l’enquête montrent que 43,1 mondiale ont mené une enquête téléphonique pour cent des chefs de ménage ont poursuivi auprès des ménages pour analyser l’impact leurs activités avec une intensité réduite, tandis socio-économique sur les ménages nigériens que 4,4 pour cent ont complètement cessé à la suite des événements politiques du 26 leurs activités. Les femmes, les grands ménages, juillet 2023. L’échantillon, un sous-ensemble de les ménages urbains et ceux qui exercent des l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie activités commerciales sont les plus touchés. 22 FIGURE 1.20 LES SANCTIONS ONT ENTRAÎNÉ UNE RÉDUCTION DES ACTIVITÉS DES CHEFS DE FAMILLE, EN PARTICULIER DES PERSONNES ÂGÉES, VIVANT DANS DES ZONES URBAINES, AYANT UNE FAMILLE NOMBREUSE ET TRAVAILLANT DANS LE COMMERCE Effets des sanctions sur les activités selon les caractéristiques socio-économiques et démographiques des ménages 60 53.8 49.1 44.9 46.5 46.7 43.1 42.9 42.9 44.2 43.7 44.7 40.9 42.5 42.2 40 38.5 43.7 33 Proportion de ménages (%) 20 7.2 8.0 8.1 6.8 5.8 6.6 5.7 4.4 4.0 3.6 4.6 4.2 3.5 2.2 3.3 0.2 1.2 0 Tous les ménages Hommes Femmes Moins de 35 ans 35 à 64 ansd 65 ans et plus 1 à 4 membres 5 à 7 membres 8 membres et plus Niamey Autres zones urbaines Zones rurales Commerce Transport Agriculture Services personnels Construction Réduction des activités du chef de ménage Cessation des activités du chef de ménage Source: INS et personnel de la Banque mondiale sur la base de l’enquête téléphonique auprès des ménages de juin 2024 Des impacts significatifs sur l’accès aux services 45,1 pour cent la hausse des prix des fournitures sociaux essentiels sont constatés en raison de scolaires. La réduction des revenus des ménages l’accès restreint, de l’augmentation des prix et due aux sanctions est un facteur important, 32,8 de la baisse des revenus. Parmi les 16,2 pour cent pour cent d’entre eux attribuant les difficultés au de ménages qui rencontrent des difficultés dans manque de liquidités. Des problèmes similaires l’éducation de leurs enfants, 68 pour cent citent sont enregistrés en ce qui concerne l’accès aux le manque d’argent pour les frais de scolarité et soins de santé, en particulier aux médicaments. 23 FIGURE 1.21 A NIAMEY, CE SONT SURTOUT LES PETITS MÉNAGES TRAVAILLANT DANS LES SERVICES PERSONNELS QUI SONT EXPOSÉS À DIVERSES DIFFICULTÉS, LES DÉPENSES LIÉES À LA SCOLARITÉ AYANT ÉTÉ LES PLUS TOUCHÉES Ménages ayant rencontré des difficultés dans l’éducation de leurs enfants par type de difficulté (A) Manque de liquidités en raison des sanctions (B) Manque d’argent pour payer les frais de scolarité 60 100 57 56.3 93.4 91.8 88.7 79.9 81.3 80 75.6 77 75.6 74.6 44.2 67.9 66 67.8 39.8 39.3 64.1 40 37.9 37.2 62.2 60 56.1 32.8 32 33 51.9 52.9 31.7 Proportion de ménages (%) Proportion de ménages (%) 27.1 25.4 40 19.7 20 12.6 13.4 13.4 20 0 0 Tous les ménages Hommes Femmes Moins de 35 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus 1 à 4 membres 5 à 7 membres 8 membres et plus Niamey Autres zones urbaines Zones rurales Commerce Transport Agriculture Services personnels Construction Tous les ménages Hommes Femmes Moins de 35 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus 1 à 4 membres 5 à 7 membres 8 membres et plus Niamey Autres zones urbaines Zones rurales Commerce Transport Agriculture Services personnels Construction (C) Augmentation des prix des fournitures scolaires (D) Fournitures scolaires non disponibles 20 80 71.4 17.6 64.6 60 15 13.9 55.1 13.6 52.1 53.1 53.1 52.2 50.2 48.1 47.6 49.5 11 42.4 42.8 38.3 10 Proportion de ménages (%) Proportion de ménages (%) 40 35.6 8.6 8.4 7.9 7.7 7.4 6.9 25.3 20 5 4.1 2.9 7.3 1.9 2.1 2.1 1.3 0 0 0 Tous les ménages Hommes Femmes Moins de 35 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus 1 à 4 membres 5 à 7 membres 8 membres et plus Niamey Autres zones urbaines Zones rurales Commerce Transport Agriculture Services personnels Construction Tous les ménages Hommes Femmes Moins de 35 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus 1 à 4 membres 5 à 7 membres 8 membres et plus Niamey Autres zones urbaines Zones rurales Commerce Transport Agriculture Services personnels Construction Source: INS et personnel de la Banque mondiale sur la base de l’enquête téléphonique auprès des ménages de juin 2024 Les données de l’enquête auprès des ménages l’huile. Cette tendance est observée à Niamey, confirment une augmentation significative des dans les autres centres urbains et dans les prix des denrées alimentaires de base et une zones rurales, en particulier pendant la période baisse générale des revenus. Les perturbations de soudure (juin-septembre). L’enquête montre du marché dues aux sanctions ont entraîné une que 75 pour cent des ménages ont connu une hausse de plus de 90 pour cent des prix des baisse de leur revenu total, avec des disparités produits de première nécessité comme le mil, le selon les caractéristiques socio-économiques et maïs, le riz, la farine de blé, les pâtes, le sucre et démographiques. 24 FIGURE 1.22 LE REVENU DES MÉNAGES A DIMINUÉ POUR LES TROIS QUARTS DES MÉNAGES DANS LES ZONES URBAINES ET RURALES ET POUR TOUTES LES PROFESSIONS Évolution du revenu des ménages après les sanctions (A) Par le sexe du chef de ménage et le lieu de résidence (B) Par sources de revenu 82.2 83.6 36.3 80 Agriculture familiale, élevage ou pêche 3.3 74.7 75.2 60.4 73.4 76 Entreprise familiale non agricole 3.5 20.5 60.9 83 Transferts reçus à l’intérieur du pays 1.4 60 15.7 58.4 Transferts reçus de l’étranger Proportion de ménages (%) 17 24.6 27 Emploi rémunéré des membres du ménage 2.4 70.5 40 72.3 33.3 Revenus immobiliers, investissements ou épargne 9.7 18 39.7 Aide des ONG/charité 17.2 19.2 43.1 18.9 20 17.2 16.4 42.6 14.3 Aide gouvernementale 32.4 10.6 25 7.4 5.3 6.4 5.8 Pension 1.9 92.9 0 0 0 74.7 Revenu total 6.4 Tous les ménages Hommes Femmes Niamey Autres zones urbaines Zones rurales 18.9 0 20 40 60 80 100 Diminution Augmentation Stagnation Source: INS et personnel de la Banque mondiale sur la base de l’enquête téléphonique auprès des ménages de juin 2024 1.3 Perspectives économiques et de pauvreté La croissance économique devrait atteindre de la campagne agricole de 2024 contribuera 7,1 pour cent en 2025, soutenue par l’expansion probablement à atténuer l’inflation en 2025. continue du secteur pétrolier, tandis que l’inflation devrait diminuer grâce à la bonne Le déficit budgétaire devrait se réduire à 3,9 saison des récoltes de 2024 pour cent du PIB en 2025, contre 4,3 pour cent du PIB en 2024, grâce à un rebond des recettes, La croissance du PIB réel devrait atteindre selon les estimations de la Banque mondiale. 7,1 pour cent en 2025, soutenue par des Les recettes totales devraient atteindre 10,5 exportations de pétrole très importantes, la pour cent du PIB, grâce à un rebond des recettes production devant atteindre 28 millions de fiscales dû à l’amélioration attendue des activités barils. Le secteur agricole devrait croître de économiques. Les dépenses totales devraient 5,7 pour cent, tandis que le secteur industriel atteindre 14,3 pour cent du PIB en raison de devrait maintenir sa croissance à 8,5 pour cent. l’amélioration de la consommation et des La consommation privée devrait augmenter investissements publics. Le déficit budgétaire de 3,1, grâce à la bonne récolte de 2024, et la devrait être financé par des emprunts intérieurs/ consommation publique devrait bondir de 7,0 régionaux et extérieurs. La dette publique devrait en 2025, grâce à une reprise de la collecte des diminuer progressivement, passant de 44,5 pour recettes. La croissance devrait se modérer à 5,1 cent du PIB en 2025 à 41,9 pour cent en 2027, pour cent en 2026 et à 4,5 en 2027, à mesure grâce à une forte croissance du PIB nominal. que la croissance du secteur pétrolier s’estompe. Selon la loi de finances 2025, les recettes Les pressions inflationnistes devraient totales devraient atteindre 12,3 pour cent du s’atténuer en raison de l’augmentation des PIB, tandis que les dépenses devraient s’élever disponibilités alimentaires à la suite d’une à 16,1 pour cent du PIB. Il en résulte un déficit bonne récolte en 2024. L’inflation des prix à la budgétaire de 3,8 pour cent du PIB. Pour une consommation devrait diminuer à 5,3 pour cent présentation plus détaillée de la loi de finances et atteindre le critère de l’UEMOA de 3 pour cent 2025, veuillez vous référer à l’annexe 3.2. d’ici 2027. La forte production agricole au cours 25 Le taux d’extrême pauvreté devrait diminuer moteur de la croissance du PIB, mais les deux en 2025-2027, parallèlement à la croissance secteurs sont limités par la variabilité du climat du PIB réel par habitant dans l’agriculture, et les problèmes de sécurité. Une détérioration mais la sécurité alimentaire devrait rester un de la situation sécuritaire pourrait entraîner une défi. diminution des surfaces cultivées et des attaques répétées contre l’oléoduc perturberaient la Sur la période 2024-2027, le taux d’extrême production de pétrole destiné à l’exportation, pauvreté, au niveau du seuil international ce qui entraînerait un ralentissement de la (2,15 USD 2017 PPA par personne et par jour), croissance. Une fermeture prolongée de la devrait diminuer, conformément aux fortes frontière avec le Bénin augmenterait les risques projections de croissance agricole de base. dans le secteur bancaire, entraînerait une hausse Dans l’hypothèse d’une forte croissance de de l’inflation et perturberait la reprise du secteur l’agriculture, le taux d’extrême pauvreté devrait privé. diminuer progressivement pour atteindre 36,2 pour cent en 2027. Cela représente une réduction La circulation des personnes et les échanges de 9,1 points de pourcentage par rapport à commerciaux avec les pays de la CEDEAO 2024 et une diminution de près de 1,5 million restent incertains. Après le retrait officiel du de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, Après une inflation élevée de 9,1 pour cent en une période de six mois a été fixée pour négocier 2024, la croissance des prix devrait diminuer les termes de la sortie et les relations post-sortie. régulièrement pour atteindre 3 pour cent en Les lacunes de l’accord et les tensions non 2027. Parallèlement, la croissance du PIB réel par résolues avec le Bénin - au-delà de la fermeture habitant dans l’agriculture, qui représente environ de la frontière - pourraient entraîner une hausse 58 pour cent du revenu des ménages pauvres, de l’inflation et avoir un impact négatif sur la devrait être nettement positive et atteindre 5,4 collecte des recettes. Les taux d’intérêt sur les pour cent en 2026. émissions obligataires régionales du pays ont été plus élevés depuis l’annonce de la sortie de L’insécurité alimentaire devrait rester un défi la CEDEAO et cette incertitude pourrait les faire alors que les financements se resserrent. augmenter. Un resserrement du financement Selon le Cadre Harmonisé, les projections pourrait obliger à réduire les dépenses indiquent qu’entre juin et août 2025, 2,2 millions publiques, limitant la capacité du gouvernement de personnes (8,1 pour cent de la population) à fournir des services de base et retardant les tomberont probablement dans les phases 3 ou investissements stimulant la croissance, ce qui 4 de l’insécurité alimentaire, les augmentations pourrait nuire à la viabilité de la dette du Niger. les plus significatives étant attendues dans les régions de Maradi (73 pour cent) et de Dosso Les perspectives en matière de pauvreté (55 pour cent). Entre-temps, le Programme sont également entachées d’incertitudes alimentaire mondial (PAM) pourrait interrompre significatives. Tout d’abord, la trajectoire de façon imminente l’aide alimentaire à deux de la pauvreté dépendra largement des millions de personnes touchées par la crise dans politiques qui distribuent efficacement les la région du Sahel, en raison d’un manque de revenus du pétrole et du gaz à l’ensemble de la financement de la part des États-Unis. population, en particulier aux pauvres. Ceci est particulièrement crucial lorsque la croissance Les perspectives restent soumises à se produit dans des secteurs qui n’emploient d’importants risques à la baisse, à certains pas directement les personnes vivant dans la risques à la hausse et à des incertitudes pauvreté. Deuxièmement, comme près de 80 concernant la stabilité du secteur bancaire et % des ménages dépendent principalement des le commerce régional. activités agricoles, ils restent très sensibles aux chocs climatiques. Enfin, toute détérioration de Les sources de croissance à court terme restent la situation sécuritaire et une augmentation du étroites et sujettes aux chocs climatiques, nombre de personnes déplacées à l’intérieur du aux problèmes de sécurité et à la fermeture pays (PDI) entraveraient gravement les efforts prolongée de la frontière entre le Bénin et le de réduction de la pauvreté et aggraveraient Niger. Bien que la production de pétrole brut l’insécurité alimentaire chronique du Niger ait augmenté, l’agriculture reste le principal 26 Toutefois, si les risques sécuritaires sont En outre, compte tenu de l’importance de maîtrisés, si les efforts pour développer l’agriculture dans le PIB et du problème l’irrigation sont couronnés de succès, si persistant de la sécurité alimentaire, il frontière avec le Bénin est rouverte et si est essentiel de renforcer le système les contraintes de liquidité dans le secteur agroalimentaire. L’amélioration de la résilience bancaire sont allégées, la croissance pourrait aux chocs climatiques grâce à une meilleure être plus élevée. Si les derniers efforts pour irrigation, à des cultures résistantes à la sécuriser l’oléoduc sont couronnés de succès, la sécheresse et à des pratiques durables, ainsi production de pétrole pourrait être plus élevée que le renforcement des chaînes de valeur par que prévu dans le scénario de référence, ce qui l’amélioration des infrastructures et de l’accès au stimulerait la croissance11. De même, les efforts marché, réduiront la volatilité de la production et du gouvernement pour accroître l’importance stimuleront le PIB. de l’agriculture irriguée pourraient réduire l’exposition de l’agriculture aux chocs climatiques ENCADRÉ 1.2 2 L’IMPACT DES SANCTIONS ÉCONOMIQUES ET DES MESURES GOUVERNEMENTALES SUR LE COMMERCE DES DENRÉES ALIMENTAIRES ET LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE Les sanctions économiques imposées en 2023 ont perturbé le commerce des denrées alimentaire au Niger, entraînant une inflation. En réponse, le gouvernement a interdit l’exportation de certains produits et mis en œuvre des mesures stratégiques pour renforcer la production agricole et réduire les coûts de transport. Le 26 juillet 2023, la CEDEAO et l’UEMOA ont imposé des sanctions économiques et financières qui ont perturbé le commerce alimentaire au Niger. Ces sanctions ont réduit l’approvisionnement alimentaire en raison de la fermeture des frontières avec le Nigéria et le Bénin, provoquant des pénuries de produits essentiels tels que le riz et le maïs. En conséquence, l’inflation annuelle des produits alimentaires a atteint 12,9 pour cent en septembre 2023 et 25,3 pour cent en juin 2024. En septembre 2024, le gouvernement a interdit l’exportation de riz, de millet et de sorgho afin de garantir leur disponibilité sur le marché intérieur et de réduire la spéculation. Des dérogations ont été accordées aux pays alliés du Niger, modifiant ainsi les itinéraires commerciaux traditionnels. Cette mesure a perturbé les réseaux commerciaux régionaux, notamment avec le Nigéria et le Tchad, et a réduit les débouchés pour les agriculteurs et les commerçants. Les ménages vulnérables ont été particulièrement touchés par la réduction de l’offre et la flambée des prix, entraînant une augmentation de l’insécurité alimentaire dans des régions comme Tillabéri, Diffa, Maradi et Tahoua. De nombreux ménages ont adopté des stratégies d’adaptation négatives, telles que la réduction des repas et la consommation d’aliments moins nutritifs, exacerbant ainsi la malnutrition. Selon le Cadre Harmonisé de novembre 2024, 1,5 million de personnes ont été confrontées à l’insécurité alimentaire au cours du dernier trimestre de 2024, et ce chiffre devrait atteindre 2,2 millions au cours de la période de soudure de 2025. L’insécurité alimentaire en 2024 a été aggravée par les inondations, les chocs sécuritaires et économiques, limitant l’accès à une nourriture suffisante. Pour relever ces défis, le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures stratégiques. Le Programme d’Irrigation à Grande Échelle (PGI 2024-2027) vise à renforcer la production agricole en réhabilitant 10 000 hectares de terres irriguées existantes et en développant 21 200 hectares de nouvelles terres. Le programme vise une augmentation de la production agricole, en particulier du riz, avec un objectif de 313 000 tonnes. D’ici 2024, 4 000 hectares auront été aménagés ou réhabilités pour un coût de 40 milliards de FCFA, financé par le gouvernement nigérien et le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé une baisse des prix du carburant en juillet 2024 afin de réduire les coûts de transport et le prix des produits de première nécessité. 11 Le gouvernement a récemment signé des accords avec la Chine pour sécuriser ses installations pétrolières. L’accord avec la Chine se concentre sur quatre éléments clés : (i) assurer une sécurité optimale des installations pétrolières ; (ii) déployer un système de sécurité solide et professionnel doté de ressources adéquates ; (iii) établir un cadre de collaboration pour améliorer la coordination et l’efficacité opérationnelle ; et (iv) favoriser un partenariat à long terme et mutuellement bénéfique. 27 FIGURE 1.23 23 SITUATION DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE : ESTIMATIONS (OCT.-DÉC. 2024) ET PROJECTIONS (JUIN- AOÛT 2025) Source: Fiche de communication Cadre Harmonisé, novembre 2024 28 CHAPITRE 2 2. RENFORCER LE SYSTEME AGROALIMENTAIRE 2.1 Contexte et vue d’ensemble Le secteur agricole du Niger, essentiel à La performance du secteur agricole est la croissance économique et à l’emploi, très volatile, en grande partie à cause de sa est confronté aux défis du changement vulnérabilité à la variabilité climatique, qui climatique, de l’instabilité politique et de la est exacerbée par le changement climatique. variabilité économique. Le Niger est l’un des pays les plus vulnérables aux sécheresses extrêmes, aux inondations, Le secteur agricole reste un moteur essentiel, aux vagues de chaleur et à la désertification, bien que très variable, de la croissance ce qui a des effets débilitants sur les cultures, économique, de la sécurité alimentaire et de la le bétail, les infrastructures de production et réduction de la pauvreté. Le secteur agricole, les établissements humains12. La pénurie d’eau, essentiellement pluvial, contribue pour plus de l’allongement des saisons sèches, les inondations 40 pour cent au PIB national et constitue la extrêmes et les effets de la hausse des deuxième source de devises, après les industries températures pourraient également déclencher extractives. Le secteur, qui est dominé par des de nouveaux conflits et des migrations forcées, exploitations de subsistance dans le cadre de des problèmes qui touchent déjà la région. systèmes de production de cultures mixtes, D’ici les années 2050, la température médiane fournit des emplois à quelque 80 % de la pourrait augmenter de 2,9 °C et les précipitations population. Les moyens de subsistance de plus annuelles médianes de 38 pour cent, ce qui de 90 pour cent des ménages pauvres du Niger réduirait la production de plusieurs cultures dans dépendent de l’agriculture ; en tant que tel, le tout le pays. secteur continuera et doit continuer à contribuer fortement à la croissance économique inclusive à moyen et long terme et à aider à atteindre l’objectif du gouvernement de réduire le taux de pauvreté à 20 pour cent d’ici 2035. 12 Banque mondiale (2022). Rapport sur le climat et le développement dans la région du Sahel (CCDR). Banque mondiale, Washington, DC. 29 FIGURE 2.1 FIGURE 2.2 LE SECTEUR AGRICOLE CONTRIBUE POUR ENVIRON LA CROISSANCE DU PIB RÉEL PAR HABITANT 40 % AU PIB EST FORTEMENT CORRÉLÉE À LA PRODUCTION AGRICOLE Part du PIB par secteur (%), Niger, 2000- Croissance du PIB et du revenu par habitant (%), Niger, 2000- 2022 2022 50 40 45 30 40 20 35 30 10 25 0 20 -10 15 10 -20 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 Agriculture L’industrie Services PIB par habitant Agriculture Source: World Development Indicators, 2024 Note: Le bond en avant en 2022 est dû à un effet de base (lié à la contraction de la production en 2021) et à une pluviométrie très favorable. Source: World Development Indicators, 2024; personnel de la Banque mondiale Malgré sa superficie limitée, l’agriculture petites irrigations privées et de 0,25 à 0,50 ha irriguée a permis d’accroître la production pour les périmètres publics. agricole et se développe rapidement dans les régions où l’eau est disponible en quantité Le développement de l’irrigation est en suffisante. constante progression, bien que le potentiel ne soit pas encore pleinement exploité. L’irrigation Bien que l’agriculture irriguée couvre moins de 2 est surtout pratiquée dans les régions de Tahoua % de la superficie totale cultivée, elle contribue et de Maradi, où 20 000 hectares de terres à environ un tiers du PIB agricole. Plus de 95 pour sont actuellement irrigués et devraient doubler cent des ménages agricoles cultivent moins de 3 d’ici 2027, principalement pour la production hectares, essentiellement pour répondre à leurs d’oignons et de tomates14. La vallée du Niger suit, propres besoins. Les principales cultures sont produisant principalement du riz, des fruits et des des denrées de base, notamment le mil (environ légumes. L’expansion récente de l’irrigation a eu 46 pour cent de la superficie totale), le sorgho lieu principalement dans des localités séparées (18 pour cent) et le niébé (32 pour cent). Environ dans l’espace le long des zones frontalières du 200 000 ménages agricoles, soit environ 8 sud avec des nappes phréatiques relativement pour cent de tous les ménages agricoles et élevées, des zones supplémentaires le long du près de 2 millions de personnes, produisent des fleuve Niger (en particulier pour le riz inondé), cultures irriguées13. Les cultures irriguées les et plusieurs cours d’eau saisonniers plus au plus importantes en termes de valeur sont les nord (Figure 2.3). La majeure partie de la oignons, principalement pour l’exportation, et le croissance implique une irrigation au goutte- riz, principalement pour la consommation locale. à-goutte à petite échelle pour les petits La plupart des irrigations se font sur de petites exploitants, largement financée par les Fonds parcelles, avec une moyenne de 1 ha pour les d’investissement climatiques, partiellement 13 Soumaila, Amadou (2021). Évaluation de l’irrigation paysanne au Niger. Banque mondiale et SFI, Washington, DC. 14 Le gouvernement a lancé le Programme de développement de l’irrigation à grande échelle (PDGI) en 2024, qui vise à renforcer la sécurité alimentaire en irriguant quelque 21 000 hectares de plantations supplémentaires d’ici 2027. Des initiatives à plus petite échelle sont également en cours, comme le Programme d’irrigation à petite échelle et de sécurité alimentaire (PISA), qui vise à améliorer l’accès à l’eau pour l’irrigation dans les régions d’Agadez, de Tahoua et de Tillabéri. 30 financés par l’IFC. Les investissements publics capacités peuvent améliorer la durabilité et la et privés dans la réhabilitation, les opérations et performance du développement de l’irrigation. la maintenance, ainsi que le renforcement des FIGURE 2.3 LES PRINCIPALES ZONES DE SUBSISTANCE DU NIGER SONT L’(AGRO)PASTORALISME ET UNE CEINTURE DE CÉRÉALES PLUVIALES Source: FEWS NET FIGURE 2.4 LES TERRES CULTIVÉES DU NIGER SONT CONCENTRÉES DANS LE SUD DU PAYS ET SONT EN GRANDE PARTIE CULTIVÉES SOUS LA PLUIE Niger Cropland Irrigated Rainfed Source: Ministère de l’agriculture 2021 31 L’élevage joue un rôle crucial dans la Les contraintes de production, l’insécurité production agricole, mais il est confronté à et la dépendance à l’égard des importations des défis tels que le manque de pâturages, contribuent à l’insécurité alimentaire la pénurie d’eau et les effets du changement chronique et à court terme au Niger climatique. Les contraintes de production et l’insécurité L’élevage représente environ 30 pour cent du contribuent à l’insécurité alimentaire PIB agricole et 5 à 10 pour cent des recettes chronique et à court terme. Au Niger, d’exportation du pays15. Le cheptel national était l’insécurité alimentaire et la malnutrition ont estimé en 2024 à plus de 18 millions de bovins, deux dimensions principales : (a) l’insécurité 35 millions de petits ruminants (chèvres et alimentaire chronique ou structurelle, qui résulte moutons), 2 millions de chameaux et 19 millions d’un déficit structurel de la production au niveau de volailles. Environ deux tiers du cheptel de national et de la pauvreté des ménages ; et (b) ruminants est élevé dans le cadre de systèmes l’insécurité alimentaire à court terme, causée de production mixtes agriculture-élevage ; le par des événements spécifiques qui affectent reste est produit dans le cadre de systèmes périodiquement le pays , certaines régions ou pastoraux caractérisés par une grande mobilité, certains groupes de population, tels que les et de systèmes de production semi-intensifs/ catastrophes naturelles, les perturbations du intensifs. Les animaux vivants, principalement marché et les conflits. L’insécurité alimentaire les bovins, sont les plus précieux en termes accroît la vulnérabilité d’un ménage aux risques de recettes d’exportation. Ils sont exportés économiques. Tout choc sur la production ou les principalement vers le Nigéria (environ 90 pour revenus peut aggraver la pauvreté en épuisant cent) et le Burkina Faso (8 pour cent), pour un les actifs productifs des ménages. montant d’environ 23 millions de dollars US en 202216. La dépendance excessive à l’égard des importations de céréales en provenance des L’accès aux pâturages et à l’eau est une pays voisins menace la sécurité alimentaire. En contrainte majeure pour le sous-secteur de octobre 2024, la production céréalière nationale l’élevage. Dans les systèmes traditionnels, pour la campagne de commercialisation 2023/24 l’alimentation du bétail provient principalement était estimée à 5,3 Mt, pour une demande des pâturages naturels et, ce qui est critique au intérieure de 5,7 Mt, entraînant un déficit couvert Niger, des résidus de culture17. La production par les importations : 200 kt de riz, 157 kt de d’aliments pour le bétail, principalement pour céréales secondaires, et le reste principalement l’agriculture périurbaine, est de plus en plus du blé19. Les coûts de transport élevés limitent limitée par l’expansion de l’utilisation des terres l’accès du Niger aux marchés mondiaux. En 2022, cultivées et le changement climatique. Ces 75 à 85 pour cent des importations de mil et de facteurs ont réduit la productivité des pâturages sorgho et 35 pour cent des importations de maïs naturels et ont contribué à faire des résidus de provenaient du Nigéria, avec des importations culture une source d’alimentation de plus en plus supplémentaires du Bénin, du Mali et du Burkina importante18. En raison des pénuries courantes Faso. Une dépendance excessive à l’égard de ces de fourrage, les gestionnaires de bétail exploitent pays est risquée en raison des sécheresses qui souvent les zones protégées ou ont recours à la se produisent simultanément de part et d’autre réduction forcée du bétail. L’extension des zones des frontières. La production au Nigeria, au Mali de culture affecte également la mobilité des et au Burkina Faso est également influencée par troupeaux, ce qui augmente le risque de conflits l’insécurité et les changements de politique, ce entre les éleveurs migrateurs et les agriculteurs qui affecte les prix et la disponibilité des céréales sédentaires. au Niger. 15 Banque mondiale (2024). Projet de modernisation de l’élevage et de l’agriculture (LAMP). Rapport No. PAD5422, Banque mondiale, Washington DC [ci-après dénommé le rapport PAD du LAMP]. 16 Une partie du commerce est informelle, ce qui rend les statistiques officielles incertaines. Selon les estimations de la Banque mondiale pour 2022, ces 23 millions de dollars US pour le bétail dépassent les 13 millions de dollars US pour les cultures (principalement les oignons et les niébés). Ces exportations sont importantes pour l’économie, même si elles sont relativement faibles par rapport à l’uranium, au pétrole et à l’or (respectivement 135 millions, 122 millions et 71 millions de dollars américains). 17 McIntire, John, Robinson, Tim, et Bosire, Caroline (2020). «African Livestock Systems Research, 1975-2018», dans John McIntire et Delia Grace (eds) The Impact of the International Livestock Research Institute. Nairobi, Kenya : ILRI, et Wallingford, UK : CABI, pp. 515-600 18 Amole, T., Ayantunde, A., Mulubrhan, B., et Adegbola, T.A. (2021). «Ressources alimentaires pour le bétail dans le Sahel ouest-africain. Agronomy Journal 114(1), 26-45 19 Bilans de l’offre et de la demande de céréales pour les pays d’Afrique subsaharienne (octobre 2024). Disponible sur le site de la FAO. 32 2.2 Principaux défis FIGURE 2.5 UN ENSEMBLE DE CINQ QUESTIONS CLÉS DÉCRIT LE MIEUX LES DÉFIS À RELEVER POUR UNE CROISSANCE AGRICOLE DURABLE AU NIGER 1• Faible productivité La croissance de la production est principalement due à l’extension des 5• Accès limité au financement zones cultivées et à l’augmentation du Selon les données de FAOSTAT, le nombre de têtes de bétail, les gains portefeuille de prêts des banques pour de produc/vité et de qualité des terres l’agriculture ne s’élevait qu’à 15,61 millions étant limités. de dollars US, soit 1 % de l’encours total du portefeuille de prêts. 2• Impacts du climat Les performances du secteur agricole sont très volatiles, principalement en raison de sa vulnérabilité à la variabilité du climat, qui est exacerbée par le changement climatique. 4• Insécurité 3• Défis des chaînes d’approvisionnement La multiplication des confits dans les La fragmentation des chaînes de valeur et la régions rurales a contraint de nombreux faiblesse des organisations de producteurs agriculteurs à abandonner leurs terres. continuent de limiter la croissance agricole au Niger, malgré les initiatives de développement en cours et les efforts de collaboration visant à renforcer ces systèmes. Source: Personnel de la Banque mondiale Le Niger est confronté à une croissance (ASS) (Figure 2.6). Les principaux obstacles à agricole lente et à des impacts climatiques l’amélioration de la productivité sont les suivants accrus, les conditions météorologiques (a) l’accès aux technologies améliorées ; (b) la extrêmes affectant la productivité des dépendance à l’égard de l’agriculture pluviale ; cultures et du bétail. (c) l’accès limité au financement ; et (d) faibles investissements publics dans la recherche La croissance agricole du Niger est entravée et le développement agricoles, et (e) les par une faible productivité, des technologies pertes post-récolte élevées et la faible valeur et des pratiques dépassées et des systèmes ajoutée. Des tendances comparables prévalent inefficaces. La croissance de la production dans le secteur de l’élevage, avec des écarts est principalement due à l’extension des zones importants entre la productivité potentielle et cultivées et à l’augmentation du nombre de la productivité réelle. Les principaux obstacles têtes de bétail, avec des gains de productivité à la croissance de l’élevage sont les mauvaises et de qualité limités. Les rendements céréaliers pratiques d’élevage, les maladies, la vétusté des du Niger, qui s’élèvent en moyenne à 0,6 t/ha technologies d’abattage et de transformation pour un potentiel de 4 t/ha, sont inférieurs à de la viande et l’inefficacité des systèmes de des pays voisins et ne représentent que 36 pour sécurité alimentaire20. cent de la moyenne de l’Afrique subsaharienne 20 Organisme de gestion (2022). Le système d’élevage au Niger - Une vue d’ensemble. Gainesville, FL, USA : Feed the Laboratoire d’innovation future pour les systèmes d’élevage. 33 FIGURE 2.6 FIGURE 2.7 ALORS QUE LA PLUPART DES CULTURES ONT AU LES RENDEMENTS CÉRÉALIERS MOYENS AU NIGER MIEUX PROGRESSÉ LENTEMENT, LES RENDEMENTS SONT INFÉRIEURS À CEUX DE TOUS LES PAYS PAIRS DU RIZ ONT FORTEMENT AUGMENTÉ DEPUIS 2000 AINSI QU’À LA MOYENNE RÉGIONALE Rendement moyen des cultures Rendements céréaliers moyens (t/ha), Niger et pays pairs, 2000- sélectionnées (t/ha), Niger, 2000-21 2020 5 2.0 4 1.5 3 1.0 2 0.5 1 0 0.0 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 Maïs Riz Niébé Burkina Faso Niger Nigéria Fonio Arachide Millet Afrique subsaharienne Mali Tchad Source: FAOSTAT 2023 Source: Banque mondiale L’impact du changement climatique est déjà précipitations varient considérablement d’une visible, avec une augmentation continue des année à l’autre dans le pays. De plus, il y a eu températures d’environ 1°C depuis les années une résurgence d’événements extrêmes au 1980, soit l’équivalent de 0,25°C par décennie. cours des deux dernières décennies, y compris Le nombre de journées extrêmement chaudes neuf sécheresses importantes et plusieurs a augmenté, à l’exception des régions de haute inondations majeures (aussi récemment qu’en altitude et de l’extrême nord. Les précipitations août 2024), qui ont fortement affecté les annuelles ont également augmenté depuis le moyens de subsistance, la production agricole milieu des années 2000, mais le début de la par la destruction des actifs productifs, et ont saison des pluies, sa durée et le volume des augmenté l’insécurité alimentaire (Figure 2.8). 34 FIGURE 2.8 LES CHOCS CLIMATIQUES MAJEURS ONT EU UN IMPACT SIGNIFICATIF SUR LES RENDEMENTS DES CÉRÉALES ET DES CULTURES AU COURS DES DEUX DERNIÈRES Production agricole (2014-2016 = 100), Niger, 2000-2022 Drought 2021 140 Sécheresse 2011 120 Sécheresse + Criquets 2004 Sécheresse 2009 100 80 60 40 20 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 Céréales Cultures Bétail Source: FAOSTAT 2023 La faiblesse des organisations de producteurs Les organisations de producteurs nigériens ne entrave la croissance agricole du Niger sont actuellement pas pleinement efficaces. La malgré les efforts déployés pour les renforcer plupart des fédérations nationales ont connu une grâce à la collaboration et aux projets de croissance rapide, à la fois en termes de nombre développement de membres et de diversité des activités qu’elles entreprennent, y compris parfois la gestion La fragmentation des chaînes de valeur et la de grandes activités commerciales, dans un faiblesse des organisations de producteurs environnement social et économique de plus en limitent la croissance agricole au Niger, malgré plus complexe. Mais ces entités ne peuvent pas les initiatives de développement en cours créer de ressources financières et ont tendance pour renforcer ces systèmes. La Plate-forme à dépendre fortement de l’aide extérieure. En nationale des agriculteurs du Niger (PFPN) joue outre, elles sont confrontées à de nombreux un rôle central dans le mouvement coopératif, défis : (a) la plupart sont trop petites (moins en identifiant les problèmes du secteur et en de 50 membres en moyenne) pour fonctionner influençant les politiques. La PFPN collabore avec comme des organismes commerciaux ; (b) les le Réseau des Chambres d’Agriculture (RECA) dirigeants et les membres ont souvent un faible pour un dialogue efficace avec le gouvernement. taux d’alphabétisation et des compétences Les principales fédérations nationales de insuffisantes en matière d’administration et de producteurs, soutenues par le gouvernement gestion ; et (c) l’absence de contrôle social et et les projets de développement, offrent des une mauvaise gouvernance compromettent services tels que la distribution d’intrants encore davantage l’efficacité. et la commercialisation. Des organisations faîtières nationales spécialisées ont établi des cadres consultatifs et des interprofessions agricoles, qui unissent les acteurs de la chaîne de valeur et arbitrent les conflits. Cependant, la plupart des produits alimentaires sont encore commercialisés sur des marchés informels. 35 Le manque d’accès au financement de Le secteur agricole est caractérisé par l’agriculture et la participation limitée du une valeur ajoutée et une transformation secteur privé entraînent une baisse des agroalimentaire limitées et sous-développées, investissements et de la valeur ajoutée dans ce qui place les offres du secteur en décalage le secteur. par rapport à l’évolution de la demande du marché. La structure de l’agriculture nigérienne Le crédit et les prêts à l’agriculture au Niger a très peu évolué au cours des trois dernières sont très faibles, à la fois en termes absolus et décennies, avec une faible valeur ajoutée tout au en pourcentage du total des prêts accordés par long de la chaîne d’approvisionnement agricole. les banques commerciales. Selon les données de Pourtant, les marchés urbains et d’exportation en FAOSTAT, le portefeuille de prêts des banques pleine croissance exigent un mélange différent pour l’agriculture ne s’élevait qu’à 15,6 millions de de produits, notamment du riz, des produits frais, dollars, soit 1 % de l’encours total du portefeuille de la viande de bonne qualité et, en général, des de prêts21. Les principales contraintes sont les produits transformés de meilleure qualité. Les suivantes (a) les risques élevés perçus dans le activités agro-industrielles (abattoirs, laiteries, secteur ; (b) les difficultés à fournir des garanties rizeries, etc.) sont confrontées à d’importantes appropriées ; et (c) les produits et services limitations infrastructurelles et ne bénéficient financiers qui ne sont pas adaptés aux besoins pas d’un approvisionnement régulier en matières des agriculteurs. Cette réticence des banques et premières. Plus de 85 pour cent des produits des institutions de microfinance à prêter a limité agricoles sont destinés à la consommation les investissements des agriculteurs dans des domestique, ce qui montre la nécessité intrants et des services plus productifs. d’augmenter les excédents commercialisables. 2.3 Opportunités FIGURE 2.9 LE DÉVELOPPEMENT DE L’AGRO-INDUSTRIE, L’IRRIGATION ET LES PRATIQUES INTELLIGENTES EN MATIÈRE DE CLIMAT OFFRENT DES POSSIBILITÉS DE STIMULER LA PRODUCTION Développement de l’agro-industrie Agriculture Intelligente face au Climat L’agro-transformation est limitée, les exportations étant L’adoption des technologies intelligentes face au essentiellement constituées d’animaux vivants et de matières climat est très faible. Le manque de ressources premières, tandis que les produits alimentaires transformés et de compétences est l’un des principaux sont principalement importés. Le nombre limité d’industries obstacles à l’adoption et à la mise en oeuvre de agroalimentaires axées sur le marché est principalement basé technologies durables. à Niamey. Irrigation Résultats à portée de main Le Niger a donné la priorité au développement Compte tenu des capacités limitées des de l’irrigation, mais il existe un important potentiel agriculteurs et des services gouvernementaux, d’expansion. Il est nécessaire de réhabiliter les systèmes la priorité peut être donnée à l’extension de d’irrigation actuels afin d’accroître leur eDicacité, en pratiques de gestion durable des terres et de tenant compte des économies d’eau et d’énergie. l’eau bien connues, simples et peu coûteuses. Source: Illustration du personnel de la Banque mondiale 21 L’indice d’orientation agricole du crédit, calculé en divisant la part de l’agriculture dans les prêts bancaires par la part de l’agriculture dans le PIB, est le plus faible de l’UEMOA. 36 La transformation de l’agriculture peut être L’agro-industrie et la création d’emplois mise en œuvre par le biais d’une approche peuvent être renforcées en tirant parti des progressive axée sur l’augmentation de la investissements privés, de l’amélioration des productivité et l’amélioration de l’accès aux réglementations et des infrastructures pour ressources et aux marchés. stimuler le développement de l’agro-industrie. La vision et la stratégie de développement du Il est possible de stimuler le développement Niger s’alignent sur les défis et les objectifs de l’agro-industrie au Niger grâce à des perçus du secteur, soulignant l’importance de la investissements privés et à l’amélioration des croissance, de la productivité, de la durabilité et mesures réglementaires. Actuellement, l’agro- de la résilience. La stratégie de développement transformation est minime, les exportations à long terme du Niger, Vision Niger 2035, met étant essentiellement constituées d’animaux l’accent sur les possibilités de croissance durable vivants et de matières premières, tandis que et inclusive afin de réduire la pauvreté et de les produits alimentaires transformés sont parvenir à une économie à revenu intermédiaire principalement importés. Cependant, avec d’ici 2035. Le Programme de Résilience pour la des incitations et des mesures politiques et Sauvegarde de la Nation 2024-202622 incarne réglementaires appropriées, les investissements les stratégies sectorielles du gouvernement pour privés peuvent renforcer le développement la croissance économique, la sécurité alimentaire de l’agro-industrie, en réduisant la facture des et nutritionnelle, la durabilité environnementale importations et en créant des emplois et de la et la gestion des crises. Il englobe également valeur ajoutée. Les mesures clés comprennent la stratégie et le plan national d’adaptation des systèmes fonciers sûrs, un meilleur accès aux au changement climatique dans le secteur services financiers et aux services de réduction agricole23. des risques, et le développement d’une chaîne de valeur agricole intégrée. Une approche soigneusement ciblée et échelonnée offre la possibilité de relancer la Il est également possible de stimuler la transformation de l’agriculture. La phase initiale productivité agricole et l’inclusion financière peut se concentrer sur les zones géographiques grâce à des investissements dans des les plus rentables présentant un potentiel élevé de domaines prioritaires clés. Le gouvernement, croissance de la chaîne de valeur des cultures et par l’intermédiaire du Haut Conseil pour de l’élevage et de réduction de la pauvreté, telles l’investissement (depuis 2017) et du Guichet que celles qui bénéficient des précipitations les unique du commerce extérieur (depuis 2018), plus élevées et du meilleur potentiel d’irrigation. a facilité l’engagement étranger pour soutenir Ces zones se trouvent principalement dans les l’investissement direct étranger et rationaliser districts proches de la frontière méridionale. les procédures commerciales. Le Fonds Dans ces zones, il est possible de se concentrer d’investissement pour la sécurité alimentaire sur les communautés bien reliées aux principaux et nutritionnelle, créé en 2017, facilite les centres de consommation et disposant d’un investissements publics et privés, ainsi que potentiel agricole important. Les chaînes de les services de recherche et de conseil pour valeur prioritaires peuvent être sélectionnées en le secteur agricole. En outre, le Fonds de fonction de leur impact sur la croissance, de leur développement de l’inclusion financière, lancé importance pour la sécurité alimentaire, de leur en 2020, s’attaque aux problèmes d’accès au potentiel de création d’emplois, de leur attrait financement. Ces initiatives peuvent améliorer la pour les investisseurs privés, de leur résistance productivité en débloquant des investissements au changement climatique et de la présence de publics et privés dans l’irrigation, les intrants, groupes organisés de chaînes de valeur. le développement de la chaîne de valeur, les organisations de producteurs, la vulgarisation agricole et la recherche. 22 En janvier 2025, le programme est en cours d’adoption. 23 République du Niger (2020). «Stratégie et Plan National d’Adaptation Face Aux Changements Climatiques Dans Le Secteur Agricole (SPN2A 2020-2035)». 37 Le développement de l’irrigation et la de gestion des crises alimentaires (DNPGCCA), promotion de pratiques agricoles intelligentes rattaché au bureau du Premier ministre, est face au climat sont les pierres angulaires de le principal instrument du gouvernement la stratégie d’adaptation du pays. pour gérer les crises alimentaires. Malgré des problèmes financiers, le DNPGCCA a démontré La capitalisation des opportunités de son efficacité. développement agricole s’aligne sur la stratégie d’adaptation au climat du Niger. La stratégie L’amélioration de l’accès à l’irrigation pour et le plan national d’adaptation au changement les petits et moyens exploitants agricoles climatique dans le secteur agricole 2020-2025 offre une opportunité considérable de mettent l’accent sur l’extension des zones stimuler une croissance agricole durable. Il irriguées et l’intensification des mesures visant à peut être très efficace de donner la priorité à renforcer la résilience des systèmes d’agriculture la promotion des systèmes d’irrigation à petite pluviale. Ces mesures comprennent le soutien à et moyenne échelle, qui nécessitent moins l’initiative de la Grande Muraille verte, qui s’étend d’investissements publics et une gestion sur 47 millions d’hectares dans le sud, afin de collective. Se concentrer d’abord sur la remise en lutter contre la désertification, de préserver la état des systèmes d’irrigation existants permet biodiversité et d’adapter les systèmes agricoles de tirer profit des investissements antérieurs. au changement climatique. Elles comprennent Cet avantage peut être maximisé grâce aux également la promotion de pratiques agricoles réformes nécessaires et au renforcement des intelligentes sur le plan climatique, telles que les capacités, comme l’amélioration de la gestion cultures résistantes à la sécheresse, la gestion de l’eau, de l’exploitation et de la maintenance, de la fertilité des sols, la collecte de l’eau et des associations d’usagers de l’eau (AUE), de la l’agroforesterie, en particulier la régénération gouvernance et de la passation de marchés pour naturelle gérée par les agriculteurs. le développement de l’irrigation. L’adoption de mesures urgentes pour Exploiter les solutions faciles a atteindre, atténuer les effets du changement climatique tels que les pratiques durables simples et peut accélérer l’adoption des technologies peu coûteuses, et renforcer les chaînes de de l’agriculture intelligente face au climat valeur et les organisations de producteurs, (AIC). Malgré leurs avantages, l’adoption des peut contribuer à développer le système technologies AIC a été faible et lente. Bon agroalimentaire du Niger. nombre des pratiques AIC largement adoptées, comme celles qui consistent à capter l’eau au Compte tenu des capacités limitées des niveau local, ne nécessitent que peu ou pas agriculteurs et des services gouvernementaux, d’intrants, à l’exception de la main-d’œuvre. il est possible de donner la priorité à l’extension L’adoption de pratiques agronomiques plus de pratiques bien connues, simples et peu sophistiquées se heurte à plusieurs obstacles, coûteuses de gestion durable des terres et qui sont des contraintes générales à la croissance de l’eau. Ces pratiques doivent répondre aux agricole durable. La hiérarchisation de ces critères suivants (a) possibilité d’atténuer les contraintes permettra de mettre en œuvre avec risques climatiques en réduisant les pertes de succès la stratégie d’adaptation au climat du rendement et la volatilité ; (b) rapport coût- gouvernement dans le secteur. efficacité ; (c) exigences minimales en matière de soutien institutionnel, avec des pratiques Le Niger a progressivement développé un que les agriculteurs peuvent mettre en œuvre cadre complet de gestion des risques de en grande partie par eux-mêmes ; et (d) catastrophes (GRC) pour faire face aux crises avantages connexes tels que la réduction des graves et récurrentes. La stratégie de GRC du inégalités socio-économiques ou entre les gouvernement est encadrée par la stratégie de sexes ou la création de nouveaux débouchés réduction des risques de catastrophe (RRC) commerciaux. Il est possible d’étendre les 2015-2030, et la Plate-forme nationale pour pratiques adaptatives en cours qui se sont la réduction des risques de catastrophe (PN- révélées généralement efficaces au Niger, RRC) est responsable de la coordination, de notamment la gestion intégrée de la fertilité des l’analyse et des conseils sur les questions de sols (comme les demi-lunes), l’agroforesterie et RRC. Le Mécanisme national de prévention et 38 la régénération naturelle des pâturages et des coopératif, en identifiant les problèmes du forêts gérée par l’agriculteur24. secteur et en influençant les politiques. Cette plateforme collabore avec le réseau des chambres Il existe une opportunité importante de d’agriculture pour un dialogue efficace avec renforcer les chaînes de valeur et les le gouvernement. Les principales fédérations organisations de producteurs afin de nationales de producteurs, soutenues par le mettre en place des canaux formels de gouvernement et les projets de développement, commercialisation et d’ajout de valeur. Des offrent des services tels que la distribution institutions et des organisations clés sont déjà d’intrants et la commercialisation. En outre, des en place pour soutenir le développement des organisations faîtières nationales spécialisées chaînes de valeur et stimuler la productivité ont mis en place des cadres consultatifs et agricole. Le renforcement de ces organisations des interprofessions agricoles, qui unissent les peut encore améliorer leur efficacité et leur acteurs de la chaîne de valeur et servent de impact. La plateforme nationale des agriculteurs médiateurs en cas de conflit. du Niger joue un rôle central dans le mouvement 2.4 Priorités réalisables FIGURE 2.10 L’ÉTABLISSEMENT DE PRIORITÉS POUR LES MESURES RÉALISABLES CONTRIBUERA À STIMULER LE SECTEUR Renforcer le programme de Améliorer la plantation Promouvoir la recherche appliquée sur les d’arbres et d’autres pratiques mécanisation à petite technologies d’agriculture de gestion des terres échelle intelligente face au climat Poursuivre les Améliorer la capacité Intégrer les mécanismes de réformes en cours des services de transfert de risque dans les vulgarisation agricole stratégies d’adaptation Source: Illustration du personnel de la Banque mondiale Des actions de réforme spécifiques peuvent potentielles, (b) l’amélioration de l’accès à l’eau et soutenir les mesures d’adaptation et améliorer au fourrage, (c) la facilitation de la conservation les performances agricoles à moyen et long et de la transformation des ressources animales, terme. Plusieurs actions de réforme pour le et (d) l’amélioration des services de contrôle de sous-secteur de l’élevage sont abordées dans le la qualité et d’étiquetage des produits animaux. cadre d’un projet financé par la Banque mondiale Les six premières mesures présentées dans (LAMP), approuvé en juin 202425. Il s’agit l’Encadré 2.1 concernent principalement le notamment de (a) l’augmentation des services secteur de la production agricole primaire. de protection du bétail contre les épidémies 24 L’efficience et l’efficacité de ces mesures sont bien comprises au Niger, comme l’indique par exemple la Banque mondiale (2009). République du Niger : Impacts des programmes de gestion durable des terres sur la gestion des terres et la pauvreté au Niger. Rapport No. 48230-NE, Banque mondiale, Washington, DC. 25 Pour plus de détails, veuillez consulter le document de projet disponible ici : 39 ENCADRÉ 2.1 ACTIONS DE RÉFORME POTENTIELLES DANS LES SECTEURS DE LA PRODUCTION PRIMAIRE • Poursuivre la mise en œuvre des réformes existantes afin de lever les obstacles aux investissements agricoles. Ces réformes consistent notamment à garantir les droits à la sécurité des terres et de l’eau et à améliorer l’accès des agriculteurs aux intrants et aux services financiers. L’adoption des technologies AIC implique souvent des investissements initiaux qui ne sont rentabilisés que sur plusieurs années et qui peuvent être encouragés par un soutien financier approprié sous la forme de subventions et/ou de crédits ciblés. Certains travaux, tels que la création de structures de rétention de l’humidité du sol et de mécanismes solaires et éoliens innovants pour l’extraction de l’eau, pourraient être mieux gérés par une entité telle que le Bureau des réclamations, dont la responsabilité serait confiée à des fonctionnaires locaux compétents. • Intensifier la recherche et le développement agricoles en mettant l’accent sur la production de semences intelligentes face au climat et les pratiques d’agriculture intelligente face au climat (AIC). Cela pourrait impliquer la production de matériel végétal et d’élevage amélioré, plus résistant et tolérant au changement climatique, ainsi que des technologies bien adaptées aux capacités et aux contraintes des agriculteurs. Cela pourrait impliquer le renforcement des collaborations en cours entre l’Institut National de Recherche Agronomique (INRAN) et les systèmes de recherche internationaux tels que les instituts du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (CGIAR) pour une technologie améliorée. • Améliorer la capacité des services de vulgarisation agricole. Ils devraient être en mesure de sensibiliser les producteurs aux technologies AIC pertinentes. Cela peut impliquer la mise en œuvre d’un programme spécifique de sites/centres de démonstration pour piloter et mettre à l’échelle des technologies résilientes au climat dans différents contextes agroclimatiques. • Étudier les mécanismes permettant d’améliorer la plantation d’arbres et d’autres pratiques de gestion des terres. Ces pratiques ont d’importantes retombées en dehors de l’exploitation agricole que les personnes qui les mettent en œuvre directement ne peuvent pas s’approprier pleinement. De nouveaux systèmes de paiement pour les services écosystémiques pourraient être mis en place par le biais de nouvelles structures du service public qui pourraient constituer des mécanismes d’exécution plus efficaces et plus sûrs d’un point de vue social. • Intégrer des mécanismes de transfert des risques dans les stratégies d’adaptation afin de réduire les risques climatiques pour les producteurs. Cela peut se faire par le biais d’instruments appropriés, tels que l’assurance, qui traitent les risques climatiques à différents niveaux, des catastrophes d’ampleur nationale aux événements affectant un nombre limité de producteurs individuels. Le Niger dispose déjà de plusieurs instruments de financement des risques de catastrophes, et les nouvelles approches devraient s’appuyer sur les enseignements tirés de l’efficacité des opérations précédentes. • La mécanisation à petite échelle peut favoriser l’adaptation au changement climatique et augmenter les bénéfices des exploitations agricoles grâce à la réduction des coûts de main-d’œuvre. Une adaptation efficace au changement climatique nécessite des opérations agricoles plus opportunes, en particulier pendant la fenêtre critique de la période de plantation lorsque les précipitations surviennent. La mécanisation tout au long de la chaîne de valeur agricole permet des opérations agricoles opportunes et peut réduire les coûts de la main-d’œuvre, favorisant ainsi l’adaptation au changement climatique et l’augmentation des revenus agricoles. Parmi les innovations envisageables, on peut citer les moulins à grains villageois fonctionnant à l’énergie solaire, les sarcleuses tirées par des ânes et les tracteurs partagés par des groupes pour le travail du sol. L’amélioration de l’accès aux marchés médiocrité des services de transport. Il convient présente un important potentiel de croissance d’investir dans les infrastructures de transport économique. Le potentiel d’exportation du et de marché, dans les TIC pour améliorer Niger est important compte tenu des vastes l’information sur les marchés et dans les normes marchés régionaux et internationaux auxquels sanitaires et phytosanitaires (SPS) afin d’élargir il pourrait être mieux connecté. Toutefois, sa les débouchés sur les marchés nationaux et croissance reste entravée par des infrastructures régionaux/internationaux. de transport et de marché inadéquates. Le Niger possède l’une des infrastructures les Il sera difficile de stimuler la valeur ajoutée moins développées d’Afrique. L’accès aux ports agricole. Le développement de l’agro-industrie maritimes internationaux nécessite environ 70 dépendra de l’amélioration de l’accès aux % de temps et de coûts supplémentaires par services financiers et de la réduction des coûts rapport à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, de transaction qui sont toujours difficiles à en raison de l’inefficacité des ports, de la atteindre et qui sont particulièrement exigeants longueur des procédures douanières et de la en période de transition gouvernementale. Des 40 progrès dans ce domaine pourraient être réalisés d’adaptation aux principaux risques pesant sur rapidement dans le cadre des interventions le secteur agricole. Il fournit un cadre global soutenues par les opérations en cours, telles pour la stratégie de sécurité alimentaire du que le programme LAMP. gouvernement. Le coût total du PAGRA a été estimé à 7,9 milliards de dollars pour la période L’amélioration de la qualité des dépenses 2014-2023. Son financement adéquat devrait publiques agricoles est vitale pour la durabilité apparemment recevoir une priorité élevée car du secteur agroalimentaire. Les dépenses il y a encore beaucoup à faire, en particulier publiques agricoles (AgPER) — 9,7 pour cent pour aider les éleveurs à supporter les risques, des dépenses publiques totales entre 2018 comme cela a été décrit plus haut dans la Mise et 2022 — suggèrent que le Niger a presque à jour économique du Niger 202327. atteint l’engagement du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine L’une des questions essentielles sera de faire (PDDAA) d’allouer 10 pour cent du budget respecter une gestion nettement améliorée national total annuel à l’agriculture. Pourtant, près des terres pastorales. La loi pastorale28, qui de la moitié de ces dépenses ont été financées partie du code rural, a) a réaffirmé des principes par le soutien des donateurs. La qualité des clés tels que limite nord des cultures pluviales et AgPER pourrait être améliorée en augmentant le droit des éleveurs à la mobilité ; b) a clarifié les l’allocation à la recherche agricole et aux services procédures de délimitation et de protection des de vulgarisation. Par exemple, entre 2018 et enclaves pastorales, des couloirs de passage, 2022, il a été estimé que seulement 0,1 pour des points d’eau et des zones de pâturage du cent du PIB agricole du Niger était investi dans bétail ; et c) a reconnu que les éleveurs ont la recherche et le développement agricoles, ce des droits spécifiques à l’intérieur de leurs qui représente un dixième de l’objectif fixé par propriétés pastorales reconnues par la coutume le PDDAA. Les processus de planification et de et où ils séjournent habituellement pendant une budgétisation pourraient aussi être améliorés grande partie de l’année. Elle précise également afin de mieux prendre en compte les risques que l’État ne peut accorder concession privée climatiques et autres risques agricoles, ainsi dans une zone pastorale si cette décision est que les programmes d’autonomisation des susceptible d’entraver la mobilité des éleveurs. femmes et de développement des ressources humaines dans l’ensemble des chaînes de Un développement rural à long terme pourrait valeur. Les améliorations pourraient inclure les consister à soutenir l’intégration pacifique éléments suivants (a) renforcer la capacité des des éleveurs migrateurs dans des systèmes institutions gouvernementales responsables mixtes de culture et d’élevage et à encourager de la planification et de la mise en œuvre des un plus grand nombre d’éleveurs à poursuivre programmes prioritaires, par exemple par le des activités non agricoles. De nombreux biais d’une gestion basée sur la performance ; obstacles limitent toutefois l’application (b) accroître la décentralisation de la mise en effective de cette transition. Il s’agit œuvre ; et (c) renforcer la coordination et le notamment de la monétisation croissante et suivi par les nombreuses agences impliquées de l’appropriation privée des terres, du fourrage dans la planification et l’exécution. et des ressources en eau, de la mauvaise gouvernance au niveau local et de l’insécurité Il est nécessaire d’améliorer à la fois l’atténuation qui touche de nombreuses zones rurales. Les des risques ex ante et l’aide au redressement priorités seraient de récupérer et de restaurer ex post afin de placer les ménages touchés sur les parcours dégradés, de construire des pare- la voie du développement durable. Le Niger a feu et d’établir des corridors pour les animaux élaboré un plan d’action opérationnel de gestion afin d’atténuer les conflits entre les agriculteurs des risques agricoles (PAGRA)26qui comprend et les éleveurs. des mesures d’atténuation des risques et 26 Banque mondiale et HCI3N (2014). Plan d’Action pour la Gestion des Risques Agricoles au Niger (PAGRA). 27 Banque mondiale (2023). Mise à jour économique du Niger : Chapitre spécial : Renforcement de la résilience financière des pasteurs face à la sécheresse, Banque mondiale, Washington, DC, avril. 28 Ordonnance sur le pastoralisme, 2010. 41 ANNEXE 3.1 Indicateurs économiques , budgétaires et de pauvreté TABLEAU A.1 INDICATEURS ÉCONOMIQUES ET BUDGÉTAIRES SÉLECTIONNÉS, NIGER, 2022-2027 2022 2023 2024e 2025f 2026f 2027f Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire Comptes nationaux PIB à prix constants 11,5 2,0 8,4 7,1 5,1 4,5 Consommation privée 7,0 3,5 3,1 3,3 4,1 4,5 Consommation publique -1,2 -7,0 -0,3 7,0 7,0 3,0 Investissement 21,1 -10,4 -0,9 -3,5 2,7 2,3 Exportations de biens et services 14,4 -8,1 48,5 42,5 11,2 8,5 Importations de biens et services 6,5 -12,0 -2,0 4,2 5,3 4,1 Agriculture 27,0 3,1 11,1 5,7 9,2 4,8 L’industrie -0,9 3,9 12,1 8,5 3,3 3,4 Services 4,9 0,1 3,3 8,0 1,3 4,9 L’inflation Déflateur du PIB 3,8 3,7 7,9 10,7 4,9 5,6 Prix à la consommation (moyenne) 3,9 3,7 9,1 5,3 4,7 3,0 Secteur extérieur Exportations fob -4,7 -6,4 50,0 40,0 2,5 2,3 Importations fob 15,0 -6,2 4,2 3,0 3,0 3,0 Termes de l’échange 146,5 -0,4 -5,1 -1,4 -0,9 2,7 Pourcentage du PIB, sauf indication contraire Balance des comptes courants -9,8 -9,3 -6,2 -3,9 -4,2 -4,5 Investissements directs étrangers 3,9 3,2 1,5 1,7 1,7 1,6 Comptes budgétaires Solde budgétaire global -6,8 -4,4 -4,3 -3,9 -3,4 -3,2 Solde budgétaire primaire -5,8 -3,2 -2,6 -2,7 -2,3 -2,3 Total des recettes et des subventions 14,9 11,6 9,3 10,5 11,2 10,8 Recettes fiscales 9,5 9,2 7,7 7,6 8,5 8,2 Taxes sur les biens et services 3,6 3,7 3,4 2,8 3,0 2,7 Impôts directs 2,5 2,6 2,5 2,3 2,6 2,7 Taxes on International Trade 2,4 1,7 1,2 1,2 1,7 1,7 Recettes non fiscales 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Subventions 4,7 1,7 1,5 2,2 2,1 1,9 Dépenses totales 21,7 15,9 13,6 14,3 14,6 14,0 Dépenses courantes 10,1 9,6 8,9 8,7 8,8 8,3 Salaires et indemnités 3,6 3,6 3,2 2,9 2,8 2,6 Biens et services 1,4 1,1 0,9 1,0 1,1 1,1 Paiements d’intérêts 1,2 1,4 1,8 1,4 1,3 1,1 Transferts courants 3,7 3,1 2,6 2,1 2,0 1,9 Dépenses en capital 11,6 6,3 4,8 5,6 5,8 5,7 Dette Dette publique et dette garantie par l’État 51,7 54,7 47,6 44,5 43,0 41,9 Dette publique extérieure 32,5 34,5 28,0 26,7 26,1 25,6 Dette publique intérieure 19,3 20,2 19,6 17,8 16,9 16,4 Pauvreté Taux de pauvreté international (2,15 $ en PPA 2017) 48,1 47,8 45,3 40,6 38,2 35,8 Taux de pauvreté dans les pays à faible revenu 81,7 81,5 80,4 77,4 76,2 74,3 (3,65 $ en PPA 2017) Taux de pauvreté UMIC (6,85 $ en PPA 2017) 95,5 95,4 95,3 94,0 93,8 93,4 Postes pour mémoire PIB par habitant (variation en pourcentage) 7,9 -1,3 4,9 3,7 1,8 1,3 PIB nominal (trillions de FCFA) 9,6 10,1 11,8 14,0 15,5 17,1 PIB nominal (USS, milliards) 15,3 16,6 19,7 23,5 26,0 28,6 Source: Personnel de la Banque mondiale sur la base des données du ministère de l’Économie et des Finances du Niger Note: 1 LMIC fait référence aux pays à revenu ntermédiaire de la tranche inférieure et UMIC aux pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. 42 3.2 Analyse du budget 2025 Le gouvernement met en œuvre des réformes totales devraient atteindre 2 267,32 milliards de FCFA, dans le cadre du budget 2025 afin d’augmenter les soit 16,1 pour cent du PIB, contre 2 080,6 milliards recettes nationales et de remédier aux résultats de FCFA dans la loi de finances 2024, soit 17,6 pour limités de l’année précédente en matière de cent du PIB. Les dépenses courantes devraient mobilisation des recettes. Le gouvernement vise représenter 51 pour cent des dépenses totales (8,2 % à augmenter les recettes grâce à une série de du PIB), tandis que les dépenses en capital devraient mesures de réforme fiscale, y compris la suppression constituer 49 pour cent des dépenses totales (7,9 de plusieurs exonérations fiscales. En particulier, pour cent du PIB). l’exonération de deux ans accordée aux nouvelles entreprises enregistrées sous le régime de l’impôt Financement du déficit budgétaire : Le budget synthétique sera supprimée, et les ventes en ligne 2025 prévoit un déficit de 3,8 pour cent du PIB, seront désormais soumises à l’impôt. En outre, si contre 3,2 pour cent dans le budget 2024. Le certaines taxes existantes seront maintenues, d’autres budget 2025 prévoit un déficit de 3,8 pour cent du seront augmentées. Il s’agit notamment du taux de PIB, contre 3,2 % dans le budget 2024. La principale l’ISB pour les non-résidents, des taux de redevance, source de financement du déficit du budget 2025 de la retenue pour conformité fiscale (TCW), de sera le financement extérieur, d’un montant de l’impôt foncier, de la taxe sur la discourtoisie et de 454,21 milliards de FCFA, soit 3,2 pour cent du PIB. l’impôt sur les bénéfices Ce montant comprend des prêts-projets de 261,61 milliards de FCFA (1,9 pour cent du PIB) et des Dans le même temps, le budget introduit de nouvelles financements budgétaires de 192,6 milliards de FCFA exonérations, qui pourraient compromettre les (1,4 pour cent du PIB). En comparaison, le budget efforts en matière de recettes, du moins dans une 2024 comprenait des prêts-projets de 206,9 milliards certaine mesure. Ces exonérations comprennent la de FCFA (1,7 pour cent du PIB) et un financement retenue à la source minimale, la taxe commerciale budgétaire de 157,5 milliards de FCFA (1,3 pour cent sur l’importation de nouveaux véhicules pour le du PIB). Le financement intérieur dans le budget transport de marchandises ou de passagers, et les 2025 devrait atteindre 283,84 milliards de FCFA, soit exonérations de TVA sur l’importation d’articles tels 2 pour cent du PIB, contre 22,42 milliards de FCFA, que le lait écrémé, les pommes de terre, la farine et la soit 0,2 pour cent du PIB, dans le budget 2024. Dans poudre de manioc, le kérosène, le gaz butane et les le budget 2025, le secteur bancaire représentera fongicides, entre autres. 51,1 pour cent du financement intérieur, tandis que le secteur non bancaire représentera 48,9 pour cent. Côté recettes : Les recettes totales (y compris les dons) devraient atteindre 1 731,92 milliards de Dette : La dette publique a augmenté de manière FCFA en 2025, soit 12,3 % du PIB. Ce chiffre est significative au cours des cinq dernières années et supérieur à celui des recettes totales prévues dans le reste élevée. Elle a culminé à 54,7 pour cent du PIB budget 2024, qui était de 1 706,31 milliards de FCFA, en 2023, est tombée à 47,6 pour cent en 2024 et soit 14,4 % du PIB. Les recettes fiscales constituent devrait chuter à 41,9 pour cent en 2027. Le Niger la plus grande partie des recettes totales, avec 64,8 devra 702,14 milliards de FCFA en bons et obligations pour cent (contre 67 pour cent dans le budget initial du Trésor d’ici 2025, soit 5 pour cent du PIB, avec 2024), soit 7,9 pour cent du PIB. Les subventions des taux moyens de 10 pour cent. L’augmentation sont la deuxième composante la plus importante, et des dépenses de sécurité a eu un impact sur les devraient atteindre 25 pour cent des recettes totales secteurs sociaux, posant des défis pour la réduction dans le budget 2025 (contre 26,6 pour cent dans de la pauvreté compte tenu des faibles indicateurs le budget initial 2024), soit 3 pour cent du PIB. Les primaires du Niger. L’État du Niger devra 702,1 recettes non fiscales et les autres recettes (compte milliards de FCFA en obligations du Trésor (OAT) et spécial) devraient atteindre respectivement 9 pour en bons du Trésor (BAT) à l’horizon 2025, soit 5 pour cent (1,1 pour cent du PIB) et 1,2 pour cent (0,1 pour cent du PIB, avec des taux moyens élevés de 10 pour cent du PIB) des recettes totales. cent pour les deux titres. En outre, l’augmentation des dépenses de sécurité au cours des dernières Côté dépenses : Dans le budget 2025, les dépenses années a eu un impact négatif sur les secteurs totales devraient augmenter par rapport aux sociaux. Cette évolution constitue un défi important prévisions du budget initial 2024, avec une pour la réduction de la pauvreté, compte tenu des répartition presque égale entre les dépenses indicateurs primaires relativement faibles du Niger. courantes et les dépenses en capital. Les dépenses 43 FIGURE A.1 TABLEAU A.2 EN 2025, LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE DEVRAIT LES BAT ET OAT ARRIVANT À ÉCHÉANCE EN 2025 ATTEINDRE 3,8 % DU PIB ATTEIGNENT 702,1 MILLIARDS DE FCFA Solde budgétaire (% du PIB), Niger, 2022- 2025 20 Délivrance Date limite Montants Janvier - juillet 2025 82 0 -3.2 -4.3 -3.8 Obligations du -6.8 -5.4 Trésor (OAT) Nov 2025 53.9 -20 Jan – Jul 2025 495.8 -40 Bons du Trésor (BAT) 2022 2023 Budget 2024 2025 Oct – Déc 2025 70.4 initial - 2024 Total des recettes (y compris Dépenses totales Total 702.1 les subventions) Déficit budgétaire FIGURE A.3 FIGURE A.4 LE SERVICE DE LA DETTE EST DEVENU PLUS LE SERVICE DE LA DETTE EST DEVENU PLUS IMPORTANT EN 2024, ATTEIGNANT 34,2 % DES IMPORTANT EN 2024, ATTEIGNANT 2,9 % DU PIB RECETTES TOTALES Service de la dette (% des recettes), Niger, 2010-2025 Service de la dette (% du PIB), Niger, 2010-2025 40% 3.5% 3.0% 30% 2.5% 2.0% 20% 1.5% 1.0% 10% 0.5% 0% 0.0% 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 Amortissement Intérêt Amortissement Intérêt Remboursement de la dette Remboursement de la dette (en pourcentage du PIB) 44 FIGURE A.5 FIGURE A.6 LE BUDGET 2025 PRÉVOIT DES DÉPENSES TOTALES 5 LA BANQUE MONDIALE PRÉVOIT DES RECETTES DE 16,1 % DU PIB ET DES RECETTES DE 12,3 % TOTALES DE 10,5 % DU PIB ET DES DÉPENSES DE 14,3 % DU PIB EN 2025 Solde budgétaire (% du PIB), Niger, 2022- Projection du solde budgétaire (% du PIB), Niger, 2025-2027 2025 15 20 10 5 10 0 -4.3 -3.8 -5 -5.4 0 -6.8 -3.8 -3.9 -3.4 -3.2 -10 -15 -10 -20 -25 -20 2022 2023 2024 2025 2025 2025 - BM 2026 - BM 2027 - BM Budget Budget estimation estimation estimation Recettes fiscales Recettes non fiscales Recettes fiscales Recettes non fiscales Autres recettes Subventions Autres recettes Subventions Dépenses courantes Dépenses en capital Dépenses courantes Dépenses en capital Déficit budgétaire Déficit budgétaire Source: Ministère des finances, personnel de la Banque mondiale Source: Personnel de la Banque mondiale 45 REFERENCES Revue Agri (Afrique de l’Ouest). 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